RDC: la commission d'enquête sur la répression des marches a débuté son travail

Un manifestant à genoux à Kinshasa.
© REUTERS/Kenny Katombe

La commission d'enquête sur la répression des marches des chrétiens des 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018 a commencé son travail. Annoncée par la ministre des Droits humains de la RDC le week-end dernier, elle comprend des membres de différents ministères, la commission nationale des droits de l'homme et des ONG parmi les plus critiques sur la restriction de l'espace politique, l'Acaj, la « voix des sans-voix ». Le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme a été sollicité et lui apporte un appui technique. Les membres de la commission ont adopté leurs termes de référence et se préparent dès demain à auditionner les victimes et témoins. Quel est son objectif ?

Pour la ministre des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, c'est la crédibilité des élections de 2018 qui est en jeu. Il faut, selon elle, que le gouvernement trouve les voies et moyens de faire respecter la liberté de réunion et de manifestation, dans le respect de l'ordre public, insiste-t-elle.

Marie-Ange Mushobekwa, ministre des Droits humains
08-02-2018 - Par Sonia Rolley

Et pour Marie-Ange Mushobekwa, cela passe par des enquêtes sur les responsables de la répression des marches. «  Ces éléments indisciplinés qui n'ont pas respecté les consignes données doivent être poursuivis et condamnés pour qu'à l'avenir ceux qui seront déployés sur le terrain pour encadrer les manifestations ne commettent pas les mêmes fautes. »

Pour les ONG qui ont été appelées à y participer, c'est déjà une victoire car, dès le 2 janvier, elles avaient appelé le gouvernement à lancer une enquête indépendante. « Nous avons accepté d'y travailler, mais nous savons que nous devons rester vigilants pour nous assurer que nous serons réellement indépendants, que nous pourrons bénéficier de la liberté d'accès à tous les lieux, et aussi rendre public un rapport totalement fiable et authentique », prévient Me Georges Kapiamba.

La commission d'enquête, prévue pour durer dix jours à l'origine, devrait voir son mandat reconduit en cas de besoin, assure la ministre. Les ONG appellent le gouvernement à fournir à cette commission les moyens d'enquêter partout, y compris en provinces.

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