Sénégal: passe d'armes entre le procureur et Khalifa Sall lors de son procès

(Photo d'illustration) Affiche pour la libération de Khalifa Sall, maire de Dakar et élu député en juillet dernier alors qu'il était en prison.
© SEYLLOU / AFP

Suite du procès de Khalifa Sall au tribunal de Dakar. Soupçonné de détournements de deniers publics, le maire de Dakar a évoqué à la barre un procès politique et affirmé qu’il n’avait jamais détourné d’argent, mais hérité de fonds politiques. Ce mercredi 7 février au matin, il a été confronté au procureur de la République et les échanges ont été houleux. Compte rendu d'audience.

L’audience a clairement dérapé ce mercredi matin, obligeant le juge Lamotte à faire taire tout le monde. Interrogé par le procureur Bassirou Gueye sur la caisse d’avance de la ville de Dakar, Khalifa Sall répond que « l’existence des fonds politiques est indéniable ».

« Moi je le nie », réplique le procureur qui poursuit : « Pour l’avenir on doit croire qui ? ». Khalifa Sall contre-attaque : « Pourquoi n’avez-vous pas instruit à décharge ? Vous ne m’avez pas posé une seule question qui m’aurait permis de m’expliquer ».

« Je ne veux pas répondre à cette question, indique le procureur. Je pose des questions pour que tout soit clair afin que je puisse rentrer chez moi et dormir tranquille ». « Visiblement, c’est que vous avez un problème » rétorque Khalifa Sall.

La réplique cinglante du procureur traverse l’assemblée : « Le problème, c’est celui qui a détourné les fonds ».  « Monsieur le procureur, coupe le juge Lamotte, nous devons respecter les règles ». Le procureur reprend : « Je n’ai pas dit que Mr Khalifa Sall a détourné, j’en ai terminé avec ses attaques ». « Je ne vous ai pas attaqué », répond Khalifa Sall. Bassirou Gueye conclut : « Vous êtes mon grand frère, je vous pardonne ».

Depuis ce matin, monsieur Khalifa Sall commence à s’habituer un peu aux réalités d’une audience. C’est une procédure normale. Chacun est à sa place.
Echanges musclés lors de l'audience ce mercredi
07-02-2018 - Par RFI

Khalifa Sall s'entretient avec ses avocats et les gardiens de la prison, à la sortie de l'audience du 7 février 2018. © RFI

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.