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Nigeria

Conflit entre agriculteurs et éleveurs au Nigeria: l'armée envoyée dans le centre

Un soldat nigérian monte la garde entre deux véhicules de l'armée, à Lagos.
© STEFAN HEUNIS / AFP

Mobilisation de l'armée au Nigeria pour faire face aux violences intercommunautaires dans le centre du pays. Ces affrontements entre agriculteurs et éleveurs ont déjà fait 168 morts depuis le début de l'année selon Amnesty International. Et l’ONG craint désormais une « escalade ». C'est justement pour l'éviter que des militaires vont être déployés.

Selon le communiqué de l'armée, le déploiement doit commencer le 15 février et se poursuivre jusqu'au 31 mars. Il concerne six Etats du centre du pays. De l'Etat de Taraba à l'Est, jusqu’à l'Etat du Niger à l'Ouest, en passant par Kaduna, Nassarawa Benue et Kogi. Cela correspond à la zone agricole  de la « Middle Belt ».

Les opérations militaires comprendront « des raids, des opérations de bouclage et de perquisition », mais aussi des exercices anti-enlèvements, des barrages routiers,  des points de contrôle et de démonstration de force ainsi que des activités humanitaires. Le but de ces opérations est d'enrayer les affrontements entre éleveurs et paysans et de permettre « de lutter contre le banditisme armé, le kidnapping et le vol de bétail ».

L'armée n'a en revanche pas précisé les effectifs militaires qui doivent être déployés. Cette manœuvre, en tout cas, était une des solutions préconisées par le Comité gouvernemental mis sur pied après les affrontements de début janvier dans l'Etat de Benue qui avaient fait plus de cent morts. Elle fait également suite à l’une des rares déclarations du chef de l'Etat Muhammadu Buhari sur le sujet.

Une prise de parole survenue ce mardi, lors d'un déplacement à Lafiya, la capitale de l'Etat de Nassarawa, qui est concerné par ce déploiement. Le président nigérian et ancien général avait affirmé que son gouvernement travaillait « jour et nuit pour assurer le retour de la paix et de la stabilité ». Ajoutant : « Nous avons déployé des ressources supplémentaires dans toutes les zones touchées pour faire régner la loi et l'ordre ».


Réaction

Nnamdi Obasi, chercheur à l'International Crisis Group au Nigeria, se dit réservé sur ce déploiement : « Ce conflit a des origines profondes et complexes et il ne va pas être résolu rapidement. Ce qui signifie qu'il faut un engagement sécuritaire sur le long terme. Nous pensons qu'un déploiement militaire de six semaines ne répond pas à ce besoin. Une fois que les militaires devront partir, que se passera-t-il avec la police qui n'a ni les moyens ni les compétences de gérer ces problèmes entre agriculteurs et éleveurs ? Le déploiement des troupes répond aux appels des populations qui demandaient une réponse sécuritaire plus importante et c'est une bonne chose. Mais nous avons beaucoup de réserve sur le recours aux militaires dans ce genre de situations. Les forces armées tendent à employer la méthode forte et cela peut exacerber les conflits et créer de nouveaux problèmes de droits humains et de relation militaires/civils. C'est quelque chose que nous prenons avec beaucoup de réserve. »

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