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Guinée

Guinée: reportage à l'Unité spéciale de sécurisation des élections

Des électeurs guinéens attendent à l'entrée d'un bureau de vote le 4 février 2018 (photo d'illustration).
© CELLOU BINANI / AFP

En Guinée, les violences post-électorales continuent à l'approche de l'annonce des résultats définitifs pour les élections communales. Jeudi 8 février, des heurts entre militants de partis politiques rivaux ont éclaté autour du domicile de Cellou Dalein Diallo, chef de file de l'opposition. Depuis dimanche, déjà sept personnes sont décédées dans des affrontements, manifestations ou des incendies. Pour sécuriser le scrutin, une unité spéciale a été créée.

En face du haut commandement de la gendarmerie, gardé par des militaires armés, il faut montrer patte blanche pour entrer dans le centre des opérations de l'Unité spéciale de sécurisation des élections (Ussel).

Rideaux fermés, à l'intérieur de la salle, une vingtaine de gendarmes et de policiers sont concentrés. « Il y a autour de cette table douze cellules, la cellule personnelle, la cellule renseignement, manoeuvres futures, etc, explique le colonel Mamadou Saliou Baldé, chef adjoint de la force. Dans chaque cellule vous retrouvez un officier de gendarmerie et un officier de police. L'unité est composée de 22 944 agents répartis sur l'ensemble du territoire. »

Des incidents sont alors signalés à Dubréka, une commune à proximité de la capitale. « Dès que nous sommes au courant d'un événement, de troubles ou de tentatives de troubles, nous déployons à partir de cette salle nos unités pour maintenir l'ordre. »

Depuis le début des violences post-électorales, l'Ussel est intervenue dans plusieurs localités, notamment à Kalinko à plus de 500 km de la salle des opérations, à Kindia dans le centre du pays, ou à proximité dans la capitale.

De multiples interpellations

En Guinée, des dizaines de personnes ont été interpellées après les violences et les incendies qui ont coûté la vie à plusieurs adolescents dans la localité de Kalinko, dans la préfecture de Dinguiraye, le mardi 6 février. La cinquantaine d’interpellés, 51 personnes exactement, a été envoyée à la prison civile de Faranah, la capitale régionale, et détenue dans « des conditions inhumaines », explique le père de l’un d’eux, citant un gardien de la prison.

C’est dans ce contexte que des résultats partiels et définitifs, les premiers depuis lundi, seront communiqués ce vendredi par la Commission électorale nationale indépendante. Maître Amadou Salif Kébé, président de la Céni : « Dans tous les cas, nous allons proclamer une partie des résultats, le temps pour nous de faire la décantation entre les procès-verbaux qui ne font pas l’objet de contentieux et ceux qui contre lesquels il y a un recours. »

Selon lui, pour amener le calme, il faut aussi respecter les électeurs et leur choix ; « les électeurs, dit-il, ont déjà tenu leur rôle. Ils sont allés voter dans la tranquillité et ont choisi leurs conseillers. A nous de faire en sorte que l'on tienne compte de chaque voix exprimée par nos électeurs. » Les violences ont opposé hier une bonne partie de la matinée des partisans du pouvoir et de l’opposition autour du domicile de Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition.

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