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Soudan du Sud

Conflit au Soudan du Sud: pourparlers de paix mal amorcés à Addis-Abeba

Des femmes manifestent à Juba, le 9 décembre 2017, pour demander la fin de la guerre.
© STEFANIE GLINSKI / AFP

Nous sommes à mi-chemin des pourparlers de paix lancés, le 5 février, à Addis-Abeba, sur le conflit au Soudan du Sud. A la table des négociations, figurent le pouvoir, l’opposition et la société civile. Les discussions ont lieu sous l’égide de l’IGAD, l’autorité sous-régionale, accompagnée de négociateurs et observateurs internationaux. L’objectif est de relancer le cessez-le-feu signé, fin décembre, entre belligérants mais violé, juste après sa signature. Après plusieurs jours de débats, la situation est plutôt mal engagée.

C’est dans un contexte tendu que ces négociations, décrites par certains comme celles de la dernière chance, se sont ouvertes.

Quelques jours avant l’ouverture des débats, l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU avait décrit le pouvoir de Juba comme « un partenaire non viable ». Les Américains ont ensuite lancé un embargo sur les armes. Le gouvernement sud-soudanais a répliqué, parlant de « propos enflammés, diffamatoires », avant de rappeler son ambassadeur à Washington.

Moussa Faki, président de la Commission de l’Union africaine, en a rajouté une couche, en déclarant que ceux qui sabotaient le processus de paix devaient être sanctionnés.

« Il est temps qu’il y ait des menaces et il faut des mesures de rétorsion mais il n’était peut-être pas judicieux de les brandir, juste avant les pourparlers », confie un participant.

Dès l’ouverture des débats, le gouvernement s’est braqué, exigeant un nombre de délégués plus important. Au final, on trouve des groupes d’une quarantaine de participants pour le gouvernement, pour l’opposition et enfin pour la société civile qui intègrera, dès lundi, dans ses rangs, des réfugiés du conflit.

Vendredi soir, second blocage. Le gouvernement a refusé de signer un document de bonnes intentions qui aurait permis de lancer réellement les discussions et les sujets épineux, comme celui du partage du pouvoir, n’ont donc même pas encore été abordés.

Officiellement, l’IGAD espère aboutir à un cessez-le-feu, à l’application de l’accord de paix de 2015 et à un calendrier en vue d’élections. On en est encore loin.

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