Côte d’Ivoire: une formation anti-terroriste américaine

Le site de l'attaque du dimanche 13 mars 2016 : la plage de Grand Bassam et les hôtels attenants.
© REUTERS/Luc Gnago

Les Etats-Unis sont au chevet de la Côte d'Ivoire dans la lutte antiterroriste. Les Américains ont détaché à Abidjan trois formateurs de la police fédérale et de l'agence de lutte contre le trafic de drogue. Les instructeurs partagent leur savoir-faire aux forces de sécurité ivoiriennes. Une formation en deux phases : la première a débuté en début de semaine, la seconde se tiendra pendant quinze jours supplémentaires le mois prochain.

C'est la première fois que les très célèbres agences américaines d'enquêteurs fédéraux et de lutte antidrogue offrent leur expertise à la Côte d'Ivoire. Une cinquantaine de policiers et gendarmes ivoiriens vont bénéficier des différentes techniques d'investigation et de prévention des attaques contre les cibles vulnérables.

La menace terroriste plane désormais sur le pays, depuis l'attentat meurtrier qui a fait 19 victimes à la station balnéaire de Grand-Bassam le 13 mars 2016.

« Depuis l’attentat de Grand-Bassam, il était clair qu’il fallait travailler ensemble. Le terrorisme n’a pas de frontière, il faut avoir ce type de coopération pour qu’on puisse vraiment vivre dans la sécurité et la stabilité », souligne Sarah Langenkamp, la première secrétaire à la section politique de l'ambassade des Etats-Unis

Les forces ivoiriennes doivent surtout combler leurs lacunes en matière de renseignement, mais aussi inspirer plus de confiance envers la population, d'après le Dr Tapé Berenger Kama, consultant chargé de la coopération sécuritaire entre les deux pays : « La sécurité par nature, elle est préventive. Cette formation doit permettre à celui qui y vient qu'il développe des réflexes de renseignement pour anticiper. L’autre faille, c’est l’implication des populations. On a une culture de non-dénonciation et il faut que les populations arrivent à travailler en synergie avec les forces de sécurité. C’est à ce prix-là que les menaces seront endiguées », explique-t-il.

D'un côté comme de l'autre, on se félicite d'une telle coopération, bien qu'il ait fallu deux ans après l'attaque sur son sol pour que la Côte d'Ivoire profite de ce partage de compétences en contre-terrorisme.