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Ouganda

Ouganda: l'accueil des réfugiés terni par des fraudes et des malversations

En Ouganda, à Nakivale, un centre de réception pour les réfugiés.
© Gaël Grilhot/RFI

L’Ouganda est reconnu par toutes les instances internationales pour la qualité de son accueil incomparable des réfugiés, officiellement au nombre d’1,4 million sur le territoire. Chaque famille de réfugié se voit notamment offrir un lopin de terre pour construire un abri et pour cultiver. Une hospitalité entachée par des détournements de fonds et un trafic de jeunes femmes réfugiées. C’est la responsable de l’ONU en Ouganda, Rosa Malongo, qui a tiré la sonnette d’alarme. S’en est suivie la suspension de plusieurs fonctionnaires, dont le commissaire aux réfugiés ougandais Apollo Kazungu.

C’était un secret de polichinelle, il a finalement été révélé. Le nombre de réfugiés dans le pays serait largement surévalué. Des sources estiment que les chiffres pourraient être jusqu’à un tiers inférieurs à ceux annoncés par le gouvernement.

Des chiffres qui font débat. C’est le gouvernement ougandais qui est en charge de ce décompte. Pourtant, pour plus de précision, le comptage biométrique devait être mis en place il y a plusieurs mois déjà. A demi-mot, l’ONU confirme que le gouvernement vient seulement d’accepter son utilisation effective.

Des chiffres surévalués et une fraude à l’aide humanitaire dont le montant n’a pas encore été estimé. En juin dernier, un grand sommet avait été organisé en Ouganda pour lever des fonds afin d’aider le pays à faire face au coût de l’arrivée massive de ces réfugiés. Plus de 350 millions de dollars ont été levés à cette occasion. Près de l’équivalent du budget de la santé en Ouganda.

Différentes organisations ont lancé des processus d’enquête et d’audit, notamment le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Union européenne. Côté ougandais, on assure que des investigations sont en cours pour déterminer qui sont les fraudeurs, et combien ils ont détourné.

Les accusations sont très graves, elles incluent la fabrication de faux documents pour la livraison d'aide alimentaire, des demandes de paiement aux réfugies pour des services qui devraient systématiquement être gratuits . Il y a également des accusations de trafic d’êtres humains dans les camps de réfugiés, ajouté à cela des pressions sur le personnel des Nations unies qui essayait d'alerter sur ce qui se passait sur le terrain. En tant que Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, nous saluons l'intervention du Premier ministre Ougandais, dans laquelle il disait qu'ils allaient ouvrir une enquête, prendre les mesures et attribuer les responsabilités.Cette affaire dessert l'Ouganda ! C'est un des pays qui accueille le plus grand nombre de réfugiés dans le monde. Il n'accueille pas que des réfugiés soudanais, mais également d'autres pays. Au moment ou nous parlons, des milliers fuient la RDC en passant par le Rwanda. Il est très important que la confiance entre les donateurs publics et le programme d'assistance aux réfugiés ougandais soit restaurée.

Le HCR salue l'ouverture d'une enquête sur les fraudes à l'aide humanitaire: Babar Baloch, porte-parole du HCR
10-02-2018 - Par Julie Vandal

 

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