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Guinée

[Reportage] Guinée: première remise du prix Williams Sassine à Conakry

Alimou Sow reçoit le premier prix Williams Sassine à Conakry le vendredi 9 fevrier 2018.
© RFI/Carol Valade

Enseignant, chroniqueur au journal satirique Le Lynx et écrivain, Williams Sassine (1944-1997) est sans doute  l'un des plus grands écrivains guinéens. Né dans un milieu modeste à Kankan, victime de la répression puis exilé pendant plus de 20 ans sous le régime de Sékou Touré, l'auteur du « Zehero n'est pas n'importe qui » a parcouru l'Afrique de l'Ouest avant de revenir dans son pays natal. Un peu plus de 20 ans après son décès, un prix littéraire portant son nom est organisé à Conakry, signe que sa mémoire et son œuvre restent une source d'inspiration pour les jeunes auteurs. Reportage vendredi 9 février à Conakry pour la remise du prix Williams Sassine 1ère édition.

« On a tellement de réalité qu'on n’écrit pas avec l'imagination. » Les candidats n'ont eu que quelques mots de Williams Sassine pour laisser parler leurs plumes. « La réalité dépasse l’imagination, confie Véronique Tadjo, présidente du jury. Il voulait qu’on apprenne à observer ce qui se passe autour de nous. »

L'écrivain Djibril Tamsir Niane monte sur l'estrade et remet le premier prix à Alimou Sow, célèbre blogueur guinéen, pour un texte inspiré par l'éboulement d'ordures qui a fait 9 morts l'été dernier à Conakry : « Sassine, comme vous pouvez le retrouver dans son œuvre, c’est quelqu’un qui n’est pas transigeant avec la réalité, il peint la réalité avec une plume acerbe, sans concession. Il a accepté de vivre une vie simple, mais libre. »

Comme son « Zéhéro » Williams Sassine n'était « pas » n'importe qui. Pourtant son œuvre reste méconnue.

« Les écrivains sont peu connus à l’intérieur de la Guinée, explique Safiatou Diallo, fondatrice du Centre International de Recherche et de Documentation, les écrivains comme Sassine, qui ont pourtant porté très haut, très loin, l’écriture guinéenne. Ce pays n’a pas le droit d’oublier ces gens qui font partie du patrimoine historique et culturel de ce pays. »

Pour ne pas « écrire en vain » comme disait l'auteur, elle compte « publier » un « recueil des meilleurs textes » reçus par le jury pour la clôture de « Conakry capitale du Livre » fin avril.

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