Procès Khalifa Sall au Sénégal: le maire en conflit avec l’Etat

Mairie de Dakar, Sénégal.
© RFI/Paulina Zidi

C’est la quatrième semaine du procès de Khalifa Sall et les audiences ont repris ce lundi matin au palais de justice de Dakar. Khalifa Sall et les sept autres prévenus sont soupçonnés de détournement de deniers publics, ils risquent jusqu’à dix ans de prison en cas de condamnation. Dans une salle d’audience comble où près de 1 000 personnes assistent au procès, ce sont les avocats de la défense qui ont interrogé les prévenus. A la barre, Khalifa Sall a particulièrement critiqué l’Etat.

S’il affirme être dans un combat politique, Khalifa Sall n’entre néanmoins pas dans le détail. Notamment sur l’accord qui lui aurait été proposé dès 2012, puis en prison. « Ce procès est politique », répète encore et encore Khalifa Sall « si j’avais accepté ce marché, je ne serais pas là ».

Khalifa Sall a par contre été beaucoup plus précis en affirmant « la mairie est à l’arrêt, l’Etat bloque tout ». Prêt bancaire, grands projets, organisation de la collecte des déchets, le député maire a longuement décrit des projets qu’il estime bloqués. « Depuis le début de mes problèmes, les banques nous disent : attendez que les choses se décantent. Ceux qui sont en face font tout pour nous nuire », déclare Khalifa Sall.

Son avocat repose une question sur ces tensions politiques, le juge Lamotte le coupe : « On ne peut pas répéter encore et encore, le prévenu s’est déjà largement expliqué, restons sur les faits qui nous intéresse ». Mais la défense revient à la charge. « Avez-vous détourné de l’argent ? » « Il n’y a pas de corruption à la mairie, je n’ai jamais touché un franc ». Ultime pique à ceux qu’il considère comme ses ennemis politiques, Khalifa Sall conclu : « J’ai proposé à tous ceux qui m’accuse : allons à la CREI, la Cour de répression de l’enrichissement illicite, pour que chacun prouve l’origine de ses fonds et de son patrimoine ».

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