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Madagascar

Madagascar: aveu d'échec du comité de vigilance pour les élections

Palais présidentiel d'Ambosorohitra, centre-ville d'Antananarivo.
© Bilal Tarabey / RFI

En cette année d'élection présidentielle, l'union aurait dû faire la force. Mais à Madagascar, le regroupement des 35 partis politiques toutes tendances confondues, décidé en novembre dernier pour exiger un processus électoral transparent, a pris du plomb dans l'aile. Réunie hier pour souhaiter ses voeux à la presse, cette jeune plateforme a déjà montré ses limites.

Le projet était noble. Réunir autour d'un comité dit de « vigilance démocratique pour les élections » des partis d'obédiences politiques différentes et des organisations de la société civile. Le but : participer à la réflexion autour des nouveaux textes électoraux avant leur rédaction.

Deux mois et demi après, Yolande Raveloarison, conseillère au sein de Chocqe, un organisme qui promeut la transparence des élections, est dépitée.

« Cela n'a pas du tout abouti. On a donc fait semblant de travailler ensemble par deux fois, avec le gouvernement, mais on n'a pas avancé du tout. On a fait mine de nous écouter. Mais on ne nous a pas écoutés... »

Pour Alain Andriamiseza, leader du parti d'opposition MCDM et candidat déclaré à l'élection présidentielle, reconnait que l'échec vient du comité lui-même. « Notre objectif était de pouvoir obtenir un dialogue avec le gouvernement et obtenir le code électoral avant la fin de l'année. On est au mois de février ; ça veut dire que nous avons failli dans notre mission. C'est une faillite parce qu'il y a trois mouvances dans la plateforme qui n'arrivent pas à se mettre d'accord sur la manière de conduire la lutte pour obtenir une élection légale et légitime. »

Une mouvance pro-pouvoir, une mouvance neutre, et une mouvance d'opposition ... Difficile effectivement de s'exprimer d'une seule et même voix quand les objectifs finaux sont concurrents. Sur les 35 chefs de partis représentés au sein de la plateforme, cinq d'entre eux se sont d'ores et déjà officiellement portés candidats à l'élection présidentielle.