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Zimbabwe

Mort de l'opposant zimbabwéen Morgan Tsvangirai

Morgan Tsvangirai au congrès du MDC, à Harare, le 31 octobre 2014.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

Le leader historique souffrait depuis deux ans d'un cancer du colon, il s'est éteint ce mercredi 14 février soir dans un hôpital de Johannesburg. Son décès a été annoncé sur Twitter par le vice-président de son parti, le MDC.

Pendant plus de quinze ans, Morgan Tsvangirai a symbolisé la lutte contre Robert Mugabe. L'opposant n'aura survécu que trois mois après la démission du père fondateur du Zimbabwe.

Son combat a d'abord été syndical. Fils de maçon, Morgan Tsvangirai s'était tenu à l'écart de la lutte armée. Mais après l'indépendance, il a gravi tous les échelons syndicaux. Devenu secrétaire général du congrès des syndicalistes zimbabwéens en 1988, il fait son premier séjour en prison l'année suivante. A l'époque, il est accusé par le régime de Robert Mugabe de travailler pour les services sud-africains. Quelques mois après avoir fondé son parti, le Mouvement pour le changement démocratique, Morgan Tsvangirai confirme son statut d'opposant sérieux en 2000, puisqu'il arrache le non à un référendum qui devait renforcer les pouvoirs de Robert Mugabe. Le MDC devient cette année-là la deuxième force politique du pays, talonnant de près la Zanu-PF aux législatives.

Malgré les passages à tabac, les emprisonnements, Morgan Tsvangirai sera de toutes les présidentielles. En 2008, il sera même vainqueur au premier tour mais renonce à concourir au second tour pour préserver ses partisans d'une répression sanglante, dira-t-il. En 2009, il accepte même de devenir Premier ministre. Le pays est alors plongé dans une crise sans précédent, avec un taux d'inflation de plus de 1600%. La cohabitation durera cinq ans et laissera l'opposant affaibli politiquement.

Morgan Tsvangirai devait être le candidat officiel du MDC pour la présidentielle cette année et affronter le nouveau président Emmerson Mnangagwa, successeur de Robert Mugabe. Mais il y a une semaine, l'opposant avait cédé sa place à la tête du parti à l'un des trois vice-présidents, Nelson Chamisa, laissant penser que son état de santé s'était détérioré. Morgan Tsvangirai laisse un parti extrêmement divisé, qui se déchire depuis des mois en vue de sa succession.

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