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Comores Justice

Comores: un avocat français critique l'état des prisons du pays

Moroni, capitale des Comores (photo d'illustration).
© Getty Images/altrendo travel

Le 17 février, Me Pierre-Olivier Sur, de passage aux Comores pour voir un client emprisonné, a été reçu au ministère des Affaires étrangères pour discuter de l'état des prisons dans l'archipel. Il avait affirmé dans la presse nationale qu’il pourrait faire condamner les Comores pour « conditions de détention inhumaines » avec le soutien de l’ONU et de l’Union africaine.

Hygiène déplorable, pénurie d’eau, prolifération d’ordures, de cafards et de rats : les conditions de vie des prisonniers à la maison d’arrêt de Moroni, la capitale des Comores, ont suscité quelques remous.

Après une visite dans cette prison, Me Pierre-Olivier Sur l’a comparée, dans la presse nationale, au camp de torture S21 des Khmers rouges au Cambodge. Mohamed El-Amine Souef, le ministre des Affaires étrangères, a immédiatement demandé à s’entretenir avec le juriste en présence d’un représentant de la diplomatie française.

« Pour cadrer un peu, c’est vrai que la prison ici ne peut pas être considérée comme la prison de Fresnes, a déclaré le ministre. Mais si on laisse passer, demain il va dire que l’hôtel Le Moroni doit avoir le même standard que le George V à Paris et cela n’a pas de sens. Avec l’Union européenne (UE), nous avons entamé des discussions pour pouvoir réhabiliter la prison ou en construire une nouvelle. Le jour où l’UE va décaisser l’argent, nous allons construire une prison digne de ce nom ».

« Minimum d'humanité »

En quittant le bureau du ministre, accompagné de l’ambassadrice de France aux Comores, Me Pierre-Olivier Sur, a légèrement modifié son propos.

« On doit un minimum d’humanité y compris concernant les prisons, a-t-il affirmé. Cette émotion qui est la mienne, elle est adressée plutôt qu’aux Comores, aux pourvoyeurs de fonds. Il est inadmissible que la communauté européenne, et même notre pays la France, ne prenne pas la mesure de cette difficulté et ne débloque pas immédiatement des fonds afin que la prison ici soit aux normes ».

L’ancien bâtonnier du barreau de Paris devrait par ailleurs revenir rendre visite à son client d’ici la fin de l’année.

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