Kenya: l’ambassade des Etats-Unis répond aux accusations de l’opposition

Des partisans de l'opposant Raila Odinga manifestent devant l'ambassade des Etats-Unis à Nairobi, le 16 février 2018.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Le week-end dernier, onze ambassades avaient demandé à l’opposition de reconnaître Uhuru Kenyatta comme président légitime, ce qui avait suscité la colère de Raïla Odinga et de son camp, qui ne reconnaissent pas le résultat des élections d’octobre. Il avait demandé aux diplomates de ne pas se mêler de la politique kényane. Des leaders de la Nasa avaient ensuite frontalement attaqué l’ambassadeur américain, Bob Godec, qui a répondu hier.

« Ces allégations sont fausses », a tranché hier Bob Godec. L’ambassadeur américain a été personnellement attaqué jeudi. Dans un communiqué l’opposition l’a accusé d’avoir été « en première ligne » dans la vente d’un avion militaire et la construction de la ligne Mombasa-Nairobi.

Deux marchés « corrompus » estime la Nasa. La coalition a même sous-entendu que Bob Godec aurait pu toucher des pots-de-vin. « Une commission de 1% c’est assez pour qu’un diplomate prenne sa retraite », affirmait le communiqué, ajoutant que les Etats-Unis soutenaient le pouvoir afin de protéger leurs intérêts commerciaux.

« Ces accusations ne reposent sur aucun fondement », a répondu Bob Godec. Hier un petit groupe d’opposants ont brûlé des drapeaux américains et manifesté devant l’ambassade. « Toute expression pacifique de la démocratie est bienvenue. Mon adjoint les a accueillis et les a invités à l’intérieur pour me parler. Ils ont refusé et sont partis », a indiqué l’ambassadeur américain.

En poste au Kenya depuis cinq ans, le diplomate est le plus médiatique des ambassadeurs étrangers dans le pays et logiquement l’un des plus exposés aux critiques. Ces derniers jours, l’opposition a même menacé de demander au Congrès américain de le rappeler aux Etats-Unis.

« Il continue à dialoguer avec toutes les parties. Nous ferons tout ce qui est possible pour aider », a confié un porte-parole de l’ambassade américaine. Pour autant, certaines chancelleries s’interrogent sur sa stratégie et ses multiples appels au dialogue, alors qu’aucun pourparler n’est pour l’instant en vue.

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