Bénin: le silence des députés et anciens ministres accusés de malversation

Thomas Boni Yayi, l'ancien président du Bénin.
© © AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

La levée de l'immunité de trois députés et la demande d'accord du Parlement pour poursuivre trois anciens ministres de l'ancien président Boni Yayi fait grand bruit au Bénin. L'opposition crie à la chasse aux sorcières, ce dont se défend le pouvoir. Les ministres et les députés visés restent discrets mais actifs. Leurs conseils juridiques et leur famille politique préparent les éléments de réponse et de défense.

L'affaire glisse déjà sur le terrain politique au Bénin. Les anciens ministres et députés visés appartiennent au camp de l'ancien président Thomas Boni Yayi dont le parti, les Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) a tenu son congrès, il y a dix jours.

« Coïncidence troublante », « persécution », dénoncent les opposants. Rien de tout cela, répond ministre de la Justice, Joseph Djogbenou. « Est-ce qu'il est possible d'imaginer que ces faits n'ont jamais existé ? demande-t-il. Cette manière de considérer la paix sociale comme une totale absolution, il faut que nous puissions y mettre fin ».

« Serein »

Les intéressés sont avares en réaction, ils affichent leur état d'esprit sur les réseaux sociaux. « Serein », écrit Komi Koutché, l'ancien ministre des Finances, sur sa page Facebook.

Dans son cas, la justice veut connaître l'origine de l'argent qu'on lui a volé, il y a deux ans, en pleine campagne électorale. Ses avocats relèvent déjà que la « détention d'argent liquide à domicile n'est ni interdite ni plafonnée ».
 

Une « manipulation » selon le parti FCBE

Le 20 février, les responsables des Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE) ont dénoncé ce qui est pour eux une manipulation orchestrée par le gouvernement. « Nous pensons qu’il y a forcément quelque part une pression du gouvernement sur la justice à demander la levée d’immunité parlementaire de nos collègues. Le parti vient de finir son congrès il y a juste une semaine. Cette coïncidence n’est pas anodine », a déclaré à RFI Théophile Yarou, secrétaire exécutif du FCBE.

« Ce qui nous préoccupe en ce moment, c’est la manière dont la procédure a été conduite en catimini. On n’a même pas donné la chance à ceux qui sont soupçonnés d’avoir commis ces irrégularités de se prononcer. Ils n’ont même pas été invités, ils n’ont même jamais été interpelés par rapport à une telle procédure », a-t-il également déclaré.

Débat autour de la saisine en avril

Les députés béninois débattront de la saisine en avril, date de la prochaine session ordinaire. Au terme de la procédure, l'assemblée plénière tranche favorablement ou négativement.

Quelle attitude en cas d'échec, du côté du pouvoir ?  Réponse du ministre :
« Peu importe pour nous la décision de l'Assemblée nationale, nous aurons accompli notre part de responsabilité, les autorités auraient accompli leur part de responsabilité et nous verrons les résultats que cela va produire ».

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.