Gabon: Veolia proteste contre la saisie de sa filiale

Le siège de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) à Libreville.
© AFP / Coumba Sylla

Le groupe Veolia proteste contre « une action brutale menée en dehors de toute règle de droit ». Dans un communiqué, le géant français de l'eau répondait ce week-end aux autorités gabonaises qui ont rompu son contrat de gestion de l'eau et de l'électricité, le 16 février. Dans la foulée, la Société de l’eau et de l’énergie du Gabon (SEEG), filiale du groupe français, a été réquisitionnée et un nouveau comité directoire nommé. Le Gabon reproche à Veolia une dégradation de la qualité des services. Le groupe français lui, y voit plutôt une sanction politique.

Moins d'un an après avoir prolongé de cinq ans la concession de Veolia, le Gabon a décidé brutalement d'y mettre un terme. Le gouvernement et l'entreprise française étaient en train de négocier les conditions d'un nouveau contrat, non sans frictions, mais sans imaginer non plus une issue aussi radicale.

Du côté du géant français, c'est la consternation qui prédomine. Une source chez Veolia voit dans cette sanction une pure instrumentalisation politique. « Nous sommes à quelques mois des élections législatives. Ali Bongo a fait de l'eau un outil politique. Cette décision est une mesure populiste » confie-t-elle par téléphone à RFI.

Ces soupçons sont contestés par le ministre de l'Eau. Patrick Eyogo Edzang rappelle l'urgence du plan eau au Gabon. « Nous ne prétendons pas résoudre en trois mois tous les problèmes, évidemment. Nous ne sommes pas en train de faire de la politique politicienne », a-t-il par ailleurs précisé.

Inquiétudes

Les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Des agents des forces de l'ordre gabonaises passent les portiques du siège de la SEEG à Libreville, la capitale gabonaise. La scène est spectaculaire mais du côté de la société civile, certaines voix se sont élevées pour faire part de leur inquiétude.

Marc Ona de la campagne « Tournons la page », espère notamment que ce qu'il appelle « une opération de communication » de la part du gouvernement, ne nuira pas au consommateur gabonais.

Dans le milieu des affaires, on s'inquiète également du message que la réquisition de la SEEG envoie aux éventuels investisseurs étrangers. Mais Patrick Eyogo Edzang écarte ces préoccupations d'un revers de la main.

« Je crois que c'est un signal positif, déclare le ministre. Nous avons libéralisé la production énergétique dans notre pays depuis longtemps mais nous avions un partenaire monopolistique qui ne respectait aucune règle. Ils étaient le caillou dans la chaussure. C'est un signal fort. L'Afrique a besoin de partenariats gagnant-gagnant. Aujourd'hui, nous avons les yeux ouverts. Je pense qu'il est temps de revoir la manière de travailler ».

Selon le classement « Doing Business » de la Banque mondiale, qui évalue le climat des affaires dans le monde, le Gabon est 167e sur 190 pays.

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