Kenya: les enseignants en colère après une attaque meurtrière des shebabs

Dans le centre de Nairobi, au Kenya (Photo d'illustration)
© ©Casper Hedberg/Bloomberg via Getty Images

Les enseignants kényans sont en colère après une attaque dans le nord-est du pays. Le 16 février, des membres présumés des shebabs ont attaqué une école du village de Karsa, dans le comté de Wajir, près de la frontière somalienne. Les assaillants ont tué trois professeurs et en ont gravement blessé un quatrième. Cette attaque, qui n'est pas la première, a suscité la grogne des syndicats qui exigent des actions.

Selon les premiers éléments de l'enquête, les enseignants kényans auraient été assassinés parce qu'ils ne venaient pas de la région. Dans la zone de Wajir, proche de la Somalie, il s'agit au moins la troisième attaque du genre depuis le début de l'année. Le gouvernement l'a condamnée mais cela reste insuffisant pour Akello Misori, secrétaire général du syndicat des enseignants du post-primaire.

« Nous condamnons le silence du gouvernement qui n'a rien dit sur les actions à mener pour faire face à l'insécurité, déclare-t-il. Nous exigeons le retrait des professeurs des zones en situation d'insécurité. Ils ne doivent pas être exposés. Les autorités doivent assurer la sécurité de ceux qui sont touchés dans ces régions. Nous demandons également des compensations. Nous sommes dans une telle détresse ».

Intégration de la population

« Toutes ces écoles doivent être placées sous protection policière, poursuit Akello Misori. Nous ne voulons plus d'excuses, plus de discours disant que nos professeurs sont tombés au service de la nation ».

Pour Anna Bruzzone, spécialiste de la région, les enseignants du nord sont souvent des autochtones venus du centre et du sud du Kenya. « Pour les shebabs, ils représentent une institution, un Etat étranger dans une zone peuplée de gens d'ethnie somalie », dit-elle.

Doctorante à l'université de Warwick, en Grande-Bretagne, elle explique que l'Etat recrute souvent du personnel extérieur pour l'éducation, la santé et la sécurité. Aujourd'hui, le gouvernement et ces populations locales se voient parfois comme des ennemis, selon Anna Bruzzone. D'après elle, la solution passera par une meilleure intégration des habitants de cette région défavorisée et longtemps marginalisée.

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