Expulsions de Nigériens d'Algérie: à Agadez, le ministre de l'Intérieur réagit

A Alger, nombreux sont les migrants originaires d'Afrique sub-sahariennes qui n'osent plus sortir de peur d'être arrêtés.
© © Bachir Belhadj

En mission de travail au centre de transit des migrants ouest-africains de l'OIM à Agadez, le ministre de l'Intérieur du Niger,  Mohamed Bazoum, a fustigé, mercredi 21 février, le comportement de l'Algérie et sa tendance à expulser les migrants vers le Niger. Quelque 770 jeunes sont en transit dans le centre visité par le ministre, dont une écrasante majorité, selon lui, sont des Africains de l'Ouest renvoyés d'Algérie. L'Algérie doit rapatrier ces migrants chez eux, a martelé le ministre.

C’est en compagnie du Premier ministre nigérien que le ministre de l’Intérieur, Bazoum Mohamed, s’est rendu dans le centre de transit des migrants ouest-africains d’Agadez, un centre de l’Office international des migrations, plein à craquer.

« Nous avons 770 jeunes en transit, dont une écrasante majorité sont des jeunes Africains retournés d'Algérie… », a déclaré Bazoum Mohamed.

Un peu moins du tiers des migrants sont des ressortissants nigériens. L’Etat mettra tous les moyens pour les accueillir : « Nous sommes prêts à accueillir tous les Nigériens que les Algériens ne souhaiteraient plus voir sur leur territoire. Cela ne nous pose aucun problème. Et aussi longtemps qu’ils en renverront, nous serons disposés à les accueillir à la frontière et à les ramener, chacun chez soi ».

Selon Bazoum Mohamed, le Niger n’est pas un dépotoir où on déverse des ressortissants ouest-africains à sa frontière. L’Algérie doit revoir sa copie. « Nous avons eu de longues discussions avec les autorités algériennes à plusieurs reprises, à l’occasion desquelles nous leur avons demandé de ne plus nous renvoyer des jeunes du Mali, de Guinée et d’autres pays. Nous sommes prêts à accueillir tous les Nigériens que les Algériens ne souhaiteraient plus voir sur leur territoire. Par contre, nous avons dit aux autorités algériennes de cesser de nous envoyer des jeunes Africains ».

« La Guinée est plus proche du Mali que du Niger, mais ils nous renvoient les Maliens, ils nous renvoient les Guinéens, ils nous renvoient les Sénégalais… Vraiment, je voudrais profiter de votre micro pour lancer un appel aux autorités algériennes, qu’elles regardent cette question que nous leur avons posée depuis toujours… »

Cette situation « déplorable » n'est plus « supportable » regrette le ministre.

Le Niger et l’Algérie partagent 900 kilomètres de frontière commune.

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