RDC: tensions au Kwango en raison de l'afflux d'éleveurs déplacés du Tanganyika

Zébus sur un marché au Niger (photo d'illustration).
© Arterra/UIG via Getty

Ils disent être venus de Kalemie, au Tanganyika, dans l'Est de la RDC. Certains affirment avoir fui les conflits entre Bantous et Pygmées. Ces éleveurs et leurs troupeaux de zébus sont arrivés, depuis environ trois mois, dans les provinces du Kwango et du Kwilu à environ 2000 km de Kalemie. Avec plusieurs centaines de zébus, leur présence inquiète les populations locales qui craignent d'être expropriées de leurs terres. Ce mercredi, les notables et les représentants de la société civile de Bukanga-Lonzo, dans la province du Kwango, ont organisé une conférence de presse pour attirer l'attention des autorités.

A la recherche de pâturages pour leurs troupeaux, ils disaient être de passage. Cependant, depuis quelques semaines, certains veulent s'installer notamment à Bukanga-lonzo, dans la province du Kwango.

L'abbé Anaclet Bambala, supérieur provincial  des pères du Saint-Sacrement, qui travaille notamment à Bukanga-Lonzo, nous explique que certains de ces éleveurs, « passant par les chefs coutumiers qui ne sont pas très bien informés » ont donné une bête ou de l’argent (500 – 700 dollars) pour acquérir des terres.

Ecoutez le reportage à Bukanga-Lonzo de notre correspondant
22-02-2018 - Par Patient Ligodi

A Bukanga-Lonzo, la société civile locale craint que les champs des paysans soient dévastés par ces troupeaux explique à RFI Akuben Baben, président du Bureau de coordination des coopératives agricoles, Bucopac. Selon son évaluation, une bête consomme par jour quelque 35 ares soit presque le fruit du travail « d’une année d’une maman qui travaille manuellement » sur son champ.

Au-delà du danger qui guette leurs champs, certains paysans ont peur de se voir déposséder de  leurs terres. Mon père et mon grand-père nous ont laissé toutes ces étendues de terres, raconte Nzau Simon, 55 ans, agriculteur et représentant des propriétaires des terres à Bukanga-Lonzo. « Avec l’arrivée de tout ce que je vois ici, je risque de mourir aujourd’hui et ces terres-là ne resteront plus entre les mains de ma famille ! »

Depuis ce mardi, une équipe gouvernementale s'est rendue au Kwilu et au Kwango, pour une mission d'une semaine, afin de régler « les problèmes de cohabitation pacifique entre éleveurs » et de « s'assurer de l'état de santé » de ces troupeaux.

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