Otages d'Arlit: Spinetta et Delbrel en justice contre Ouest-France et Gadoullet

Les proches des quatre ex-otages d'Arlit suivent François Hollande en direction de l'avion qui vient juste de se poser sur le tarmac de Villacoublay, le 30 octobre 2013.
© REUTERS/Jacky Naegelen

Le procès de Jean-Marc Gadoullet - ancien agent des services de renseignements français, chargé de négocier auprès d'AQMI la libération des 7 otages enlevés en 2010 à Arlit au Niger - s'est tenu hier, jeudi 22 février à Paris. Un procès qui fait suite à une plainte pour diffamation déposée par le patron d'Air France-KLM de l'époque -également ancien président du Conseil de surveillance d'Areva-, Jean-Cyril Spinetta, et le directeur des relations extérieures d'Air France pour l'Afrique, Guy Delbrel. A l'origine de cette affaire : un article publié il y deux ans dans le journal français «Ouest-France»... Compte rendu d'audience.

Dans l'article en question, diffusé en septembre 2016 et et intitulé «La guerre secrète de la libération des otages», Jean-Marc Gadoullet accuse Jean-Cyril Spinetta et Guy Delbrel d'avoir commandité une attaque armée contre lui, au Mali en 2011, pour tenter de retarder la libération des otages.

Sur fond de concurrence pour la libération des otages, Jean-Marc Gadoullet dit au journaliste de Ouest-France : « Un groupe s'est constitué pour m'empêcher d'agir... Ils m'ont perçu comme un nouveau venu sur ce marché et ont tenté de m'assassiner».

Quelques lignes plus bas, l'auteur de l'article - Jacques Duplessy, lui aussi prévenu dans cette affaire - explique que l'ancien agent secret désigne «à demi-mot» Jean-Cyril Spinetta et Guy Delbrel comme les commanditaires de cet assasinat.

Des propos diffamatoires selon leur avocat, Jean-Pierre Versini. «Evidemment, ni l'ex-président d'Air France ni le directeur actuel des relations extérieures avec l'Afrique, qui est Guy Delbrel, n'ont cherché de quelque sorte que ce soit, à attenter à la vie de cet ex-espion».

Pour la défense, le journaliste à l'origine de cet article a extrapolé les propos de Jean-Marc Gadoullet comme à RFI l'explique Bérenger Tourné, son avocat : « C'est le seul journaliste, alors qu'il y a eu des centaines d'articles de faits et d'interviews données à la presse écrite, à la radio et même à la télévision, qui est allé faire des imputations directes à certaines personnes que nous n'avons jamais faites... donc on était assez à l'aise à ce niveau-là ».

La défense demande la relaxe de l'ancien agent des renseignements.

Une décision que la justice française prendra le 17 mai prochain.

à (re)lire: D’Arlit à Kidal: la double enquête

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