Cameroun: Biya aurait dépensé près de 65 millions de dollars en déplacements

Le président camerounais Paul Biya et sa femme Chantal sur le tapis rouge de la Maison Blanche, à Washington, le 5 août 2014.
© BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

Depuis son accession au pouvoir, Paul Biya a passé près de quatre ans et demi hors du Cameroun, essentiellement en Suisse mais aussi en France et aux Etats-Unis. Ce bilan est établi par l'organisation OCCRP, qui réunit des journalistes d'investigation et travaille avec l'appui de Transparency International. Elle vient de publier le montant estimé de ces déplacements à l'étranger : 65 millions de dollars, selon le document.

Le président camerounais a passé 1645 jours hors de son pays depuis son arrivée au pouvoir. Pour arriver à ses chiffres, les journalistes qui ont enquêté sont allés fouiller les archives du Cameroon Tribune, quotidien créé par le gouvernement qui consacre un article au chef de l'Etat à chacun de ses déplacements.

Et pour estimer le coût des voyages, les auteurs ont simplement multiplié le nombre de jours par le prix d'une nuit d'hôtel à l'Intercontinental de Genève où Paul Biya a ses habitudes. A ces 65 millions de dollars, il faut ajouter les frais de location d'avion. Les journalistes ont eu accès à une facture de 850 000 dollars pour un aller-retour Yaoundé-Genève.

Selon cette enquête, les trois-quarts de ces voyages sont d'ordre privé et pourtant, explique Emmanuel Freudhental, il est très probable que des fonds publics servent à financer ces déplacements. « Ca vient soit des budgets de la présidence, soit assez probablement aussi des caisses de la société nationale des hydrocarbures, parce qu'il y a à peu près la moitié de son budget qui est hors budget, donc qui est assez opaque, on ne sait pas exactement où va cet argent. »

Le Fonds monétaire international a déjà demandé davantage de transparence et estime que plus de 300 millions de dollars des revenus de la société nationale des hydrocarbures sont dépensés hors budget.

Sollicitées pour réagir à cette enquête, les autorités camerounaises n'ont pas souhaité faire de commentaire.

Lire l'enquête de l'OCCRF (en anglais)

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