Plan Sida: la Gambie tourne la page du remède «miracle» de Yahya Jammeh

Le marché de Serrekunda à Banjul, Gambie (photo d'illustration).
© RFI/Guillaume Thibault

En Gambie, les organisations de lutte contre le Sida peuvent à nouveau effectuer leur travail au grand jour. Lorsqu'en 2007, Yahya Jammeh estimait pouvoir guérir des patients grâce à son remède «miracle» à base de plantes, le sujet était devenu tabou. Plusieurs malades en sont morts, et les organisations devaient se faire discrètes pour continuer à traiter la maladie de façon conventionnelle. Elles peuvent désormais relancer leurs projets dans un pays où un peu plus de 1% de la population est séropositive. Un plan national de rattrapage a été présenté la semaine passée, soutenu par l'Onusida qui entend mettre fin à l'épidémie dans la région d'ici 2030.

Ce plan devrait permettre de tourner la page du précédent régime en matière de lutte contre l'épidémie, comme le détaille la représentante de l'Onusida en Gambie, Sirra Horeja Ndow : « Il [le plan] contient tous les éléments pour être sûr que le pays se soucie à nouveau de cette question. Qu'on ne peut pas affirmer pouvoir guérir du VIH ; et qu'on a besoin de tout le soutien politique possible et de changer les mentalités ».

Mais pour Ousman Sowe, impossible d'aller de l'avant si ce plan ne prend pas en compte les milliers de Gambiens séropositifs passés, comme lui, par la « clinique » de Yahya Jammeh. « Aujourd'hui, on ne peut pas agir vis-à-vis du sida sans reconnaître les erreurs du passé. Les victimes doivent être soutenues, et encouragées à reprendre leur traitement conventionnel. Beaucoup d'entre elles ont toujours peur aujourd'hui de sortir de l'ombre .»

La Gambie compte aujourd'hui près de 20 000 personnes séropositives, mais seulement un tiers d'entre elles se savent porteuses du virus. Et elles sont encore moins nombreuses à suivre un traitement.

Une situation qui a empiré sous Yahya Jammeh, comme l'a observé Alpha Kahn, le directeur adjoint du Secrétariat national pour le Sida. « Jammeh a fait augmenter le nombre d'arrêts de traitements, car les patients devaient abandonner les antirétroviraux pour suivre son programme. On espère que d'ici 2020, 90% des personnes séropositives connaissent leur condition et 90% soient sous traitement ». 

Le coût de ce plan de rattrapage gambien est estimé à près de 18 millions d'euros.

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