Procès du putsch manqué au Burkina: la société civile interpelle la justice

Le général Gilbert Diendéré au premier plan (g) à côté de l'ancien ministre des Affaires étrangères Djibrill Bassolé. Ils sont les principaux accusés dans le procès du putsch manqué de septembre 2015.
© AHMED OUOBA / AFP

Au Burkina Faso, après la suspension du procès du coup d'Etat de septembre 2015, la société civile donne de la voix. Une quinzaine d'organisations de la société civile lance un appel aux autorités politiques et judiciaires sur la tenue du procès et le traitement du fond du dossier. La société civile interpelle la justice, afin que tout soit mis en œuvre pour que toute la lumière soit faite sur les crimes et délits commis lors du putsch et que tous les auteurs et commanditaires soient condamnés à la hauteur de leur forfait.

Avant toute chose, ces organisations, parmi lesquelles le Mouvement burkinabè des droits de l'homme et des peuples, la Confédération générale du travail du Burkina, le Réseau national de lutte anti-corruption, saluent l'ouverture effective du procès.

Selon ces organisations, ce procès représente un test de crédibilité du système judiciaire burkinabè et de sa capacité à rendre justice. Elles appellent à une reprise du procès du coup d'Etat manqué dans les meilleures conditions. Alfred Sawadogo est le porte-parole du Front de renforcement de la citoyenneté (FRC) : « Ce qui nous intéresse, c’est qu’on aille au fond des choses et que ceux qui ont été accusés puissent avoir le droit à la parole pour éclairer l’opinion, et puis se défendre pour qu’on ne puisse pas les condamner comme si on avait amené du troupeau à l’abattoir  ».  

«Vérité et justice...»

Pour ces organisations, aucun compromis judiciaire ne sera accepté au nom de la réconciliation nationale. Pour elles, il ne peut y avoir de réconciliation nationale sans la vérité ni la justice. Elles se disent prêtes à faire échec à tout plan tendant à empêcher le bon déroulement du procès. Bassolma Bazié, secrétaire général de la Confédération générale du travail au Burkina Faso : « Et quelle que soit la façon dont il y aura soit des combines ou des tâtonnements dans le jugement de ce dossier, nous, nous restons fermes dans la mobilisation pour qu’il y ait la vérité et la justice ».

Pour la quinzaine de syndicats et d'organisations de la société civile signataires de l'appel, ce procès doit marquer le début de la fin  de l'impunité au Burkina Faso.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.