Somalie: les contributeurs de l'AMISOM contre un retrait prématuré

De gauche à droite, Mohamed Abdullahi Mohamed, président de la Somalie, Yoweri Museveni, président de l'Ouanda, et Gaston Sindimwo, premier vice-président du Burundi, lors du sommet des pays contributeurs de l'Amisom, à Kampala, le 2 mars 2018.
© RFI/Gaël Grilhot

En Ouganda, les pays contributeurs de troupes de l'AMISOM (Burundi, Ouganda, Ethiopie, Djibouti, Kenya) estiment que le retrait de la Somalie est prématuré. Ils en ont fait l'annonce ce 2 mars à Kampala lors d'un sommet consacré à la mission de l'Union africaine en Somalie. Le mandat de l'AMISOM prévoit un retrait total des forces d'ici 2020. En présence du président somalien, un appel a été lancé à l'ONU mais aussi aux bailleurs pour le maintien de la mission.

Les discussions ont été intenses, confie-t-on du côté de la présidence ougandaise. Les attaques se poursuivent en Somalie. Devant ce constat, les Etats contributeurs de troupes de l'AMISOM, la Mission de l'Union africaine (UA) dans le pays, se sont tous mis d'accord pour demander le prolongement de leur mandat.

« Nous demandons activement au conseil de sécurité de reconsidérer la résolution 2372 sur le retrait de la mission, de restaurer les troupes de l'AMISOM à leurs effectifs précédents et de conserver le nombre des troupes de l'AMISOM pour permettre de recouvrer les territoires toujours sous contrôle d'Al-Shebab et d'autres groupes terroristes », affirme Sam Kutesa, le ministre des Affaires étrangères ougandais.

Enjeu du financement

Cette demande est soutenue par le président de la commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat. Mais l'AMISOM est une mission coûteuse.
« La présence continue de l'AMISOM reste essentielle, a-t-il déclaré. Un retrait prématuré est susceptible d'amoindrir les gains réalisés au cours de la dernière décennie, un grand coût humain et financier. Ce qui est crucial, ce sera le financement prévu pour l'AMISOM ».

Cette force africaine est présente depuis 2007 afin d'aider l'Etat somalien à lutter notamment contre les shebabs. En tout, 22 000 hommes se trouvent sur le terrain, dont le retrait a déjà commencé malgré l'instabilité qui continue à régner dans le pays. Deux attentats ont encore touché cette semaine la Somalie.

Ce 2 mars, de longs échanges ont eu lieu avec les différents partenaires notamment l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis. Objectif : convaincre d'aider à financer le maintien de la mission. « Nous sommes victimes de notre succès », ironisait en aparté un officiel de l'AMISOM.

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