Republier
Mali France

Assassinat de G. Dupont et C. Verlon: un juge français s’est rendu au Mali

Ghislaine Dupont et Claude Verlon, le 30 juillet 2013 lors d'une conférence de presse au Mali.
© RFI/Pierre René-Worms

Plus de quatre ans après l'assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, tués le 2 novembre 2013 à Kidal, dans le nord du Mali, on apprend ce samedi que pour la première fois, l'un des juges français en charge de l'enquête a pu se rendre à Bamako le 5 février dernier.

Ce sont au total trois juges qui se sont rendus à Bamako. Le juge Jean-Marc Herbaut, qui a succédé à Marc Trevidic et qui est donc aujourd'hui en charge de l'enquête sur l'assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, était accompagné de deux autres juges. L'un, chargé de l'enquête sur l'attentat contre le bar La Terrasse, l'autre, de celle sur l'attaque contre le Radisson.

Pour des raisons de sécurité, le juge Erbaut ne s'est pas rendu à Kidal, il est resté dans la capitale malienne. Durant une semaine, il a travaillé avec ses homologues maliens du pôle antiterroriste. Selon nos informations, les échanges ont été très fructueux, la coopération très bonne. Le juge Erbaut a pu entendre plusieurs témoins qui ne l'avaient jamais été jusque-là.

Ce voyage a également permis au magistrat français d'obtenir la garantie de récupérer très prochainement les fadettes, les relevés téléphoniques des suspects présumés. Le juge Trevidic les réclamait depuis quatre ans. Ces documents précieux doivent maintenant être décryptés, étudiés. Elles permettront peut-être de mieux comprendre ce qu'il s'est joué le 2 novembre 2013 à Kidal. Quatre ans après l'enlèvement et l'assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, aucun des auteurs présumés n'a été arrêté et beaucoup de zones d'ombre demeurent.

Un nouveau départ dans l'enquête, veulent croire leurs proches

« Ce voyage à Bamako est important, estime maître Valérie Courtois, l'avocate de la mère de Ghislaine Dupont. D'abord parce que c'était extrêmement attendu par les parties civiles ; et aussi parce qu'il a été en direct avec son homologue juge du pôle antiterroriste nommé au Mali, parce qu'il a pu collaboré avec les autorités judiciaires maliennes sur place, et recueillir un certain nombre d'éléments. Ce sont des éléments de téléphonie, la liste des numéros qui correspondent aux téléphones trouvés sur place, notamment dans le pick-up. Elles permettront peut-être d'avoir des éléments sur les événements. L'idée est de pouvoir faire des liens entre les personnes. »

Tout cela - le déplacement du juge, les échanges très fructueux qu'il a pu avoir avec son homologue du pôle anti-terroriste, sonnent comme un nouveau départ dans l'enquête pour Danièle Gonod, présidente de l'association des amis de Ghislaine et Claude Verlon : « Nous attendons de ce voyage que peut-être une part de vérité commence à apparaître. Ce qui est important, pour nous, c'est de comprendre le pourquoi des choses. Jusqu'à présent, mener une enquête de France nous paraissait totalement impossible. »

J'espère que ce sera porteur. Je ne peux pas dire de bonnes nouvelles, mais j'espère que l'on va apprendre quelque chose, parce que depuis quatre ans et demi, je me dis que c'est quand même intenable de penser que Ghislaine et Claude sortent d'une interview et qu'une heure et demie après, à 12 km, ils sont morts. C'est un laps de temps très court, qui a dû être horrible pour eux. Et dans ce peu de temps, il y a tellement de choses qui se bousculent... On ne sait rien, mais on se dit, il doit y avoir quelque chose de terrible à cacher. Pourquoi, comment? C'est un tas de questions qui me hantent. Et plus les jours passent, et plus cette vérité ne me rendra pas ma fille. Mais au moins que je sache pourquoi. Je me dis c'est sûrement politique, c'est de l'argent. On ne veut pas nous dire la vérité, parce que cette vérité n'est sûrement pas belle du tout.
Marie-Solange Poinsot, mère de Ghislaine Dupont
03-03-2018 - Par Marie-Pierre Olphand

Pour savoir, pour connaître la réponse à ces « questions qui hantent », les familles demandent encore aux autorités de tout faire pour que les derniers suspects encore vivants ne soient pas tués lors d'opérations militaires mais arrêtés.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.