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Madagascar

Madagascar: deux nouvelles arrestations dans l’affaire Houcine Arfa

La maison de force de Tsiafahy, prison de haute sécurité où Houcine Arfa a passé six mois.
© RFI/Volana Razafimanantsoa

À Madagascar, le juge d'instruction en charge du dossier et le secrétaire général du syndicat du personnel de l'administration pénitentaire ont été interpellés, entre jeudi et vendredi 2 mars, dans l'affaire de la fuite du Français Houcine Arfa. Cet ancien formateur de la garde présidentielle malgache s'est échappé de prison à la fin du mois de décembre.

Houcine Arfa assure qu'il a reçu de l'aide de personnages hauts placés, dont celle de la ministre de la Justice, en échange de fortes sommes d'argent. Cependant, sur l'île, les deux arrestations de ces derniers jours suscitent déjà la controverse.

C'est à la demande de la ministre de la Justice et de la procureure de la République que la brigade criminelle a procédé à ces arrestations. Sur les réseaux sociaux malgaches, les critiques fusent. « Il n'y a pas justice quand on est juge et partie », s'indignent de nombreux internautes.

En effet, même si la ministre de la Justice, la procureure de la République et le chef de la brigade criminelle ont été mis en cause par Houcine Arfa, ils restent en charge du dossier du Français et n'ont pas été auditionnés.

Ces deux arrestations exaspèrent le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM). Les tribunaux de la Grande Île ont fermé leurs portes, vendredi après-midi, en signe de solidarité. « Ce sont des boucs émissaires », dénonce la présidente du SMM.

« On réclame encore que la ministre, la procureure et les autres pénitenciers qui ont été mentionnés dans les déclarations d’Houcine et qui ont été mis en cause dans les signatures et les transferts des documents qui ont permis l’évasion, soient enquêtés et traduits devant la justice », ajoute Fanirisoa Ernaivo.

D'après le SMM, les deux hommes sont poursuivis pour complicité d'évasion. Le juge d'instruction Haingo Ramiandrisoa a été remis en liberté conditionnelle, vendredi soir, et le secrétaire général du syndicat du personnel de l'Administration pénitentiaire, Diderot Cesar Realy, a été placé sous mandat de dépôt à la prison d'Arivonimamo.

En novembre 2017, la justice malgache avait condamné Houcine Arfa à trois ans de prison ferme pour extorsion de fonds et usurpation de fonction. Il est aussi poursuivi pour tentative de kidnapping, détention d'arme et de munitions et association de malfaiteurs.

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