Italie: report du procès des compagnies Eni et Shell, accusées de corruption

Les deux compagnies pétrolières néerlandaise Shell et italienne Eni devaient se retrouver dans le box des accusés, à Milan, le 5 mars 2018.
© CARL COURT, MARCO BERTORELLO / AFP

Le procès très attendu des compagnies pétrolières Eni et Shell s'ouvre ce lundi 5 mars matin à Milan. La justice les soupçonne d'avoir versé des pots-de-vins pour se voir attribuer un contrat concernant un bloc offshore au Nigeria.

L'affaire porte le nom d'OPL-245, comme la concession pétrolière offshore au coeur du scandale présumé, une des plus prometteuses d'Afrique avec ses réserves estimées à neuf milliards de barils de brut.

Hors-norme, comme le procès qui s'est brièvement ouvert ce lundi à Milan. L'audience n'a duré qu'une petite trentaine de minutes. Le temps pour le président d'indiquer qu'en raison d'une surcharge de travail de la 10e section pénale et pour éviter des délais trop long, le dossier était transféré à la 7e section pénale, avec un début de procès reporté au 14 mai.

Dans le box des accusés, le PDG d'Eni Claudio Descalzi et le directeur des explorations de Shell Malcolm Brinded. Fait marquant, les deux sociétés, leaders dans l'industrie, comparaissent en tant que personnes morales.

La justice italienne les soupçonne d'avoir versé plus d'un milliard de dollars pour se voir attribuer le fameux bloc. Une somme dont la grande partie serait allée à  Dan Etete, un ancien ministre du Pétrole sous le régime de Sani Abacha dont la société aurait servi pour réceptionner le cash.

Ce protagoniste a déjà été condamné au Nigeria dans le cadre des efforts anti-corruption de l'actuel président Buhari. Il comparaît à nouveau ce lundi à Milan. L'enjeu du procès sera de savoir si, et à quel moment, Shell et Eni ont su que les millions de dollars de la transaction destinés aux caisses de l'Etat nigérian sont  allés nourrir la corruption de responsables locaux. Des échanges d'emails exhumés par l'ONG britannique Global Witness semblent l'accréditer. Mais les deux majors pétrolières ont toujours nié tout fait de corruption.

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