Rex Tillerson en tournée en Afrique pour renforcer les liens avec le continent

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, ici le 15 février 2018 à Beyrouth.
© REUTERS/Mohamed Azakir/Files

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson entame ce mardi 6 mars sa première tournée en Afrique. Il doit se rendre dans cinq pays : l'Ethiopie, Djibouti, le Kenya, le Tchad et le Nigeria. Il s'agit pour le secrétaire d'Etat de renforcer les liens des Etats-Unis avec le continent.

La visite de Rex Tillerson intervient quelques semaines après que le président Donald Trump a traité plusieurs nations africaines de « pays de merde ». Le secrétaire d'Etat américain a donc pour mission de recoller les morceaux. Dans un point presse lundi 5 mars, Don Yamamoto, son adjoint aux Affaires africaines, a d'ailleurs fait part de toute sa bienveillance.

« Nous disons de l'Afrique qu'elle est la dernière frontière pour la liberté et les opportunités. Et vraiment, c'est toute la question. Si vous regardez l'Afrique aujourd'hui, vous voyez tant de pays comme la République démocratique du Congo ou d'autres qui exploitent mal leurs ressources minérales. Le plus important, c'est de se demander comment nous pouvons aider les pays africains à tirer profit de leurs propres ressources. Comment les pays africains et leurs populations peuvent continuer à croître et à se développer, c'est vraiment notre objectif principal », a déclaré Don Yamamoto.

Rex Tillerson ne vient donc pas les mains vides sur le continent. Il annonce 533 millions de dollars supplémentaires pour lutter contre la famine qui résulte des conflits en Somalie, au Soudan du Sud, en Ethopie et dans le bassin du lac Tchad. Rex Tillerson s'engage aussi à fournir de l'électricité à 300 millions d'Africains d'ici 2030 via des partenariats public-privé, indique notre correspondante à Washington, Anne Corpet.

Et il appelle les autres nations à faire plus d'efforts humanitaires pour le continent. « Nous n'avons qu'un seul but : aider l'Afrique à être capable de prendre en charge son peuple » assure le secrétaire d'Etat américain. Rex Tillerson le rappelle, les liens commerciaux entre les Etats-Unis et le continent se sont renforcés au cours de l'année écoulée, et l'administration américaine souhaite poursuivre dans cette voie. « L'Afrique regorge d'opportunités, le continent peut devenir une terre de prospérité », estime le secrétaire d'Etat.

Les Etats-Unis veulent la stabilité de l'Ethiopie

Mais il prévient : pour un partenariat économique efficace, il faut lutter contre la corruption, soutenir les efforts démocratiques et assurer la sécurité. Ainsi en est-il de l'Ethiopie, où Tillerson se rend dès aujourd'hui. L'Ethiopie traverse une période d'incertitude politique depuis la démission de son premier ministre, il y a quinze jours. Depuis deux ans, le régime est contesté par des manifestations populaires. De quoi inquiéter les Etats-Unis qui ont des intérêts militaires dans la Corne de l'Afrique, selon Ahmed Soliman, chercheur chez Chatham House, spécialiste de cette région. La lutte contre le terrorisme reste une priorité pour l'administration Trump.

« L'Ethiopie est un acteur régional très important. Elle contribue de manière très significative à la diplomatie locale. L'Igad, l'organisation régionale de la Corne, y a son siège, ainsi que l'Union africaine. L'Ethiopie fournit des contingents à la force de maintien de la paix qui est en Somalie. Elle accueille les négociations de paix entre le gouvernement sud-soudanais et l'opposition. L'Ethiopie joue donc un rôle très important pour la stabilité de toute la région. Et chaque problème interne qui dure ou prend de l'ampleur risque d'affecter toute la Corne de l'Afrique. D'autant plus que les protestations ne concernent pas qu'une seule province éthiopienne: il y en a en région oromo, amahra, chez les peuples du Sud... Et il y a eu des déplacements de populations massifs entre les régions oromo et somalie. »

Rex Tillerson attend aussi que les pays africains jouent un rôle plus important sur la scène diplomatique mondiale. Il les appelle notamment à faire pression sur la Corée du Nord pour qu'elle mette un terme à son programme nucléaire.

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