Nigeria: après des révélations sur Chibok, un journaliste aux mains des services

L'inquiétude grandit chez les journalistes nigérians et étrangers basés à Lagos, devant la prolongation de la détention du journaliste Tony Ezimajor.
© capture d'écran du site independent.ng

Un journaliste du quotidien The Independent est détenu illegalement depuis cinq jours. Tony Ezimakor serait interrogé pour une enquête qu'il a réalisée et dans laquelle il révèle comment les autorités nigérianes ont orchestré la négocation avec Boko Haram et le paiement d'une rançon pour la libération de 82 jeunes filles de Chibok. Une détention dénoncée par Abdulwaheed Odusile, président de l'Union des journalistes nigérians (NUJ).

Il a été arrêté par l'agence nationale du renseignement (DSS). Tony Ezimakor est le chef du bureau de «The Daily Independent» à Abuja. On lui a demandé d'aller répondre aux questions des services. Ce qu'il a fait mercredi dernier, et depuis, il est en détention. Jusqu'à présent, personne ne nous a officiellement informés sur l'offense qu'il aurait commise et qui irait à l'encontre de la loi nigériane. D'après son employeur, il serait visé pour un article sur les lycéennes de Chibok que Tony a écrit et qui a été publié par son quotidien. On lui aurait demandé soit de révéler ses sources d'informations, ce qu'il a bien sûr refusé de faire en tant que journaliste, ou alors que le journal retire cette histoire de ses publications. Ce que le journal a également refusé de faire. D'après la loi nigériane, si quelqu'un n'est pas traduit devant la justice après 48h d'interrogatoire, sa détention devient illégale. C'est pour cette raison que nous demandons aux autorités et à l'agence des renseignements de le relâcher ou si besoin de le traduire en justice.
Abdulwaheed Odusile: «personne ne nous a officiellement informés sur l'offense qu'il aurait commise»
06-03-2018 - Par Julie Vandal

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