Madagascar: l’avortement, «une question de femmes, d’hommes et de société»

Femmes et enfants malgaches (photo d'illustration).
© Getty images/Atlantide Phototravel

À Madagascar, un débat autour de l’avortement intitulé « l’avortement, c’est aussi une question d’hommes » s’est tenu à la librairie Millefeuille d’Antanarivo, jeudi 8 mars. Deux slameurs ont lu des témoignages de femmes, mais aussi d’hommes ayant vécu l’avortement de leur compagne. Un thème osé quand on sait que l’avortement est interdit sur la Grande île.

« J’ai succombé à l’amour et je suis tombé enceinte » déclame, au micro, l’écrivain Nirine Ramamonjisoa. Pour associer les hommes au combat des femmes, il lit non seulement des témoignages de femmes qui ont avorté, mais raconte aussi la détresse de leurs compagnons.

« Ça me touche particulièrement. Je pense qu’à un moment ou à un autre, on est tous confrontés à ce genre de situation et à ce genre de choix et d’acceptation de l’arrivée d’une vie. Je me sens pleinement et profondément concerné, en tant qu’homme, en tant que père », témoigne-t-il.

« Qui a engrossé les femmes qui ont avorté ? Ce sont les hommes »

A Madagascar, l’avortement est un délit prescriptible au bout de trois ans. C’est cette prescription qui a permis de recueillir ces témoignages. Lovatiana Andriamboavonjy est interne en médecine, en 8ème année. Elle a co organisé le débat et pour elle, il est essentiel que les hommes luttent avec les femmes pour le droit à l’avortement.

« Qui a engrossé les femmes qui ont avorté ? Ce sont les hommes », rappelle la jeune femme, « et les hommes aussi ont une douleur morale, psychologique, à avorter ». Pour elle, l’avortement n’est certainement pas qu’une « question de femmes ». C’est « une question de femmes, d’hommes et de société ».

Les avortements clandestins représentent 9 % du taux de mortalité maternel sur la Grande île.

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