La tension monte entre la Somalie et le Somaliland à propos du port de Berbera

Le port de Berbera est vital en termes de développement pour le Somaliland.
© ZACHARIAS ABUBEKER / AFP

La tension monte entre la Somalie et le Somaliland, ce territoire semi-autonome qui a proclamé son indépendance en 1991, mais qui n'est pas reconnu par la communauté internationale. Depuis que le Somaliland a signé le 1er mars un accord avec l'Ethiopie et la compagnie émiratie DP World pour gérer son port stratégique de Berbera, la Somalie a vivement protesté. Depuis, la rhétorique devient de plus en plus virulente entre les deux voisins.

Dans cette affaire tout est une question de souveraineté. Dès le lendemain de l'accord, la Somalie a déclaré ce contrat nul et non avenu car il viole sa souveraineté. Mogadiscio a même demandé une intervention de la ligue arabe.

« Ce n'est pas étonnant. La Somalie considère le Somaliland comme son territoire. Mais Mogadiscio n'a aucune prise sur ce projet car le Somaliland vit en totale autonomie », explique un spécialiste de la région.

La réponse d'Hargeisa a donc été cinglante. « C'est une déclaration de guerre », a carrément affirmé le nouveau président Muse Bihi. L'ancien militaire continue donc d'affirmer son autorité, après les combats de janvier à la frontière avec le Puntland.

Le Somaliland faisant tout pour entrer dans le concert des nations, défendre sa souveraineté est par ailleurs une question existentielle. Enfin le port de Berbera est vital en termes de développement, alors que sa non-reconnaissance internationale prive le pays de nombreuses opportunités.

Les autres signataires eux non plus, n'ont aucun intérêt à reculer. Cette infrastructure est cruciale pour l'Ethiopie qui doit construire une route stratégique jusqu'à son territoire enclavé et obtenir un nouvel accès à la mer. DP World, qui vient de se faire littéralement expulser du port djiboutien de Doraleh, n'a de son côté pas l'intention de perdre un nouveau marché.

Des négociations de paix entre Somalie et Somaliland devaient débuter à Djibouti. Elles viennent d'être repoussées d'un mois.

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