Tensions entre le Soudan du Sud et l'ONU après la fermeture de Miraya FM

(Photo d'illustration) Un casque bleu dans un camp de déplacés sud-soudanais pendant la visite du Conseil de sécurité de l'ONU, à Jebel, le 3 septembre 2016.
© REUTERS/Jok Solomun

Au Soudan du Sud, le bras de fer est engagé entre les autorités et les Nations unies, suite à la décision de fermer la radio Miraya FM, qui émet en anglais et en arabe depuis 2006, bien avant l'indépendance de pays. Les autorités reprochent à la station de l'ONU de ne pas respecter les lois du pays, qui est entré dans sa cinquième année d'une guerre civile qui a fait plus de quatre millions de déplacés, et où la liberté de la presse a fortement reculée, selon RSF.

La radio des Nations unies est l'une des plus populaires du pays. Son franc parler et son indépendance n'ont jamais plu aux autorités sud-soudanaises, qui ont menacé à plusieurs de fermer Miraya FM.

Cette fois, elles ont fini par passer à l'acte. Il y a deux jours, le directeur de l'Autorité des médias, l'organe de régulation de la presse au Soudan du Sud, a annoncé la fermeture de la station, qu'il accuse de ne pas se conformer aux lois du pays.

La radio des Nations unies aurait selon lui refusé de répondre aux nombreuses notifications dans ce sens envoyées depuis un an. Il va jusqu'à l'accuser de tenir « un discours d'incitation à la haine ethnique », avant d'ordonner qu'elle ferme le même jour. Mais Miraya FM a continué d'émettre.

Négociations

Les Nations unies s'appuieraient pour cela sur l'accord qui les lie au gouvernement sud-soudanais qui accorde à la station une indépendance totale face à ce pouvoir, selon une source onusienne. L'émetteur de la station est implanté en plein milieu de la base de la mission de l'ONU à Juba, ce qui complique un peu plus les choses pour le gouvernement.

En attendant, les Nations unies ont engagé des discussions avec le gouvernement et font profil bas. Cette décision porte un coup supplémentaire à la liberté de la presse dans ce pays où presque tous les correspondants étrangers ont été forcés à partir, alors que les médias et les journalistes locaux sont souvent la cible des autorités.

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