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Cameroun

Cameroun anglophone: un groupe armé diffuse la vidéo d'un fonctionnaire enlevé

Bamenda est une des villes anglophones du Cameroun les plus importantes (photo d'illustration)
© AFP/Reinnier KAZE

Au Cameroun, une vidéo d'un otage d'un groupe armé des indépendantistes anglophones est en circulation depuis samedi soir sur les réseaux sociaux. Il s'agit du délégué régional des affaires sociales du Nord-Ouest, enlevé le 24 février dans la localité de Batibo. L'otage y supplie le gouvernement de donner des preuves de vie des leaders anglophones détenus à Yaoundé depuis deux mois, dont notamment leur chef Sisiku Ayuk Tabe, qui avait été extradé du Nigeria en janvier.

La vidéo dure 59 secondes. Elle présente un homme debout, filmé dans la pénombre, au fond d’une maison aux murs défraîchis. Il dit être délégué régional des affaires sociales de la région du Nord-Ouest et supplie le ministre des Affaires sociales d’intervenir auprès du gouvernement en vue de pousser celui-ci à donner des preuves de vie des leaders se réclamant de « l’Ambazonie » arrêtés au Nigeria et extradés à Yaoundé en janvier dernier.

L’otage précise que les auteurs de la vidéo donnent 48h au gouvernement, faute de quoi il sera tué. La vidéo est signée du logo « ADF », « Ambazonian Defence Force », l’un des groupes armés des séparatistes anglophones dont les actes de violence se multiplient dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest.

C'est un nouveau mode opératoire.
Hans De Marie Heungoup, chercheur à l’International Crisis Group
12-03-2018 - Par Michel Arseneault

La vidéo est en circulation depuis samedi soir via les réseaux sociaux, Facebook notamment et l’application WhatsApp. Joint par téléphone, le ministre de l’Administration territoriale a confirmé que le gouvernement avait bien reçu et authentifié cette vidéo. C’est la première fois que ce groupe armé revendique une prise d’otage et choisit ce mode de communication.

Le délégué régional des affaires sociales avait été enlevé le 24 février dernier à Batibo, arrondissement situé à 45 kilomètres de Bamenda. Deux semaines plus tôt, c’est le sous-préfet de la même ville qui avait été enlevé. Il n’y a, jusqu’ici, aucune nouvelle de lui.

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