Nigeria: déception après la visite du président Buhari dans l’Etat de Benue

(Photo d'illustration) Des femmes et des enfants font la queue pour de l'eau après des affrontement entre bergers peuls et fermiers, à Agatu-Obagaji, dans l'Etat de Benue, le 10 mai 2016.
© EMMANUEL AREWA / AFP

Au Nigeria, le président Muhammadu Buhari s’est rendu, ce lundi 12 mars, dans l’Etat de Benue, épicentre de violences entre éleveurs et agriculteurs ces derniers mois. Un déplacement très attendu, car des groupes d’éleveurs ont violemment rejeté l’application d’une loi qui leur interdit de laisser leur bétail paître librement. Et depuis janvier, les autorités locales ont recensé au moins une centaine de morts liées à ces tensions. La semaine dernière encore, la police a signalé la mort d’au moins 24 personnes, dans des violences entre éleveurs et agriculteurs.

C’était une visite éclair. Le président Muhammadu Buhari est arrivé à 12h à Makurdi et il est reparti deux heures plus tard. Devant un parterre de personnalités politiques et coutumières, le président nigérian a exprimé son inquiétude. Il a ouvertement critiqué l’inaction du chef de la police et demandé, une fois de plus, que ce dernier établisse ses quartiers généraux dans le Benue. « Nous faisons tout notre possible pour mettre fin aux violences », a assuré le président.

Cependant, cette visite, tant réclamée, a suscité énormément de frustration. Pointe de déception affichée d’abord par Samuel Ortom, le gouverneur de Benue, qui demande à ce que les militaires, en mission pour six semaines, aient des pouvoirs élargis, afin d’appréhender les auteurs des crimes.

« Mesurer l’ampleur du problème humanitaire »

Le gouverneur déplore par ailleurs que le président ne soit pas allé rendre visite aux quelques 170 000 agriculteurs déplacés de cette crise. « Cette visite lui aurait permis de mesurer l’ampleur du problème humanitaire », explique un conseiller du gouverneur.

Pointe de déception enfin, exprimée par les organisations pastorales qui ont compris qu’il n’y aura pas de retrait de la loi interdisant le pâturage. « On nous incite à créer des ranchs mais jusqu’à présent, l’Etat de Benue ne nous a pas proposé de terres », regrette un responsable de Macban, principal syndicat d’éleveurs dans la région.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.