RDC: la vie à Bunia marquée par la violence qui secoue Djugu

Au marché de Bunia, en RDC, le prix des pommes de terre a augmenté.
© RFI/Patient Ligodi

Au marché central de Bunia, les effets des violences dans le territoire de Djugu commencent à se ressentir. Djugu est considéré comme le grenier de la province de l'Ituri. Les principaux produits agricoles comme les pommes de terre, les haricots, les maïs viennent de ce territoire pour alimenter l'ensemble de la province. Depuis janvier, les prix de ces différents produits grimpent sur le marché central de Bunia.

Avant les violences, un sac de pommes de terre en provenance de Djugu coûtait 75 000 francs congolais. Aujourd'hui, il faut débourser pas moins de 100 000 francs congolais pour avoir la même quantité.

Au marché central de Bunia, Clémentine est venue faire des achats. Elle remarque, elle aussi, que la hausse des prix ne concerne pas que le sac des pommes de terre : « Depuis que la situation de Djugu est devenue compliquée, il y a la hausse des prix. Même les choux, la viande de porc, même les poivrons ».

Marqué par des violences qui ont provoqué plus de 300 000 déplacés depuis environ trois mois, Djugu est considéré comme le grenier de la province de l'Ituri. « C’est un territoire poumon de la province d’Ituri et qui - je dirais même -, nourrit en grande partie au moins à 50% ou 60% la ville de Bunia », explique Fimbo Lebiliye, le maire de Bunia.

La situation est d'autant plus grave que la saison agricole B de l'année 2017 avait connu un échec avec la prolongation de la saison sèche. Les agriculteurs de Djugu espéraient se rattraper ce mois de mars, mais ce ne sera pas possible.

Un vrai problème pour Bonaventure Lokadi, inspecteur provincial de l'agriculture pour la province de l'Ituri : « Nous n’aurons plus le temps de semer, on n’aura pas de production agricole au niveau du territoire de Djugu. La production devra sensiblement baisser au niveau de la province ».

Pour éviter que la situation s'aggrave, Bonaventure Lokadi ne voit qu'une solution : « Arrêter les violences pour que les populations puissent rentrer dans leurs lieux d’origine, commencer déjà leurs activités agricoles, si cela est possible. Parce que, si tout cela s’arrête, on peut aussi déjà préparer les activités agricoles pour la seconde saison et 2018 ».

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