Angola: le général Garcia Miala nommé chef du renseignement par le président Lourenço

Le président Joao Lourenço (ici le 8 janvier 2018 à Luanda) continue de faire le ménage à la tête de l'Etat angolais.
© AMPE ROGERIO / AFP

En Angola, une nouvelle nomination fait couler beaucoup d’encre. Le général Fernando Garcia Miala a été désigné par le président João Lourenço nouveau chef des services de renseignements. Celui-ci, à l’époque chef des services de renseignements extérieurs, avait été condamné à quatre ans de prison en 2008 pour insubordination envers le chef de l’État. Le général Miala avait été accusé d’avoir comploté pour assassiner le président José Edouardo Dos Santos lors d’une cérémonie militaire en 2006. Tentative à laquelle il n'avait pas pris part.

Parmi ceux qui applaudissent aujourd’hui la réhabilitation du général Miala, il y a le vice-président de la Casa-Ce, le deuxième parti d’opposition du pays. Pour le général André Mendes de Carvalho dit «Miau», les accusations contre le général Miala étaient une cabale, pour un officier sans doute trop bien informé sur les manœuvres du régime. « C’est une réparation et c’est la fin d’un cycle, nous sommes vraiment très satisfaits qu’on ait mis fin à cette injustice. Et nous lui souhaitons même beaucoup de réussite dans sa mission », déclare t-il à RFI.

Certains vont même jusqu’à dire que le général Miala était devenu trop populaire et faisait de l’ombre à José Eduardo Dos Santos. Ce n’est en tout cas pas l’avis de Rafael Marques, journaliste d’investigation et activiste anti-corruption. Lui se dit inquiet. « C’est à l’époque du général Miala que beaucoup d’assassinats politiques ont eu lieu dans ce pays, nous rappelle le journaliste. C’est aussi sous le général Miala que s’est développée la tendance à transformer chaque personne en agent de renseignements, tout le monde devait dénoncer au point qu’on avait peur de parler entre amis. Et on ne devrait pas revenir à ces pratiques ».

En tout cas, à travers cette nomination, João Lourenço montre une fois de plus qu’il n’est pas le président sous influence qu’on annonçait au moment de son élection… Alors qu’à la veille de ce scrutin, son prédécesseur José Eduardo Dos Santos avait fait voter à la va-vite une loi qui aurait dû interdire au nouveau président tout remplacement pendant huit ans des responsables des services de sécurité.

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