Changement climatique: les agriculteurs kényans surpris par les pluies précoces

Une agricultrice kényane au travail.
© CC/Wikimédia/CIAT Neil Palmer

Au Kenya, la saison des pluies a commencé depuis une semaine, avec pratiquement un mois d'avance. Déjà en février, le service météorologique kényan avait prévu un début de saison précoce. Dans le comté de Kiambu, au nord de la capitale Nairobi, les agriculteurs tentent de s'adapter tant bien que mal.

Malgré son grand âge, Mary Karori creuse dans la terre avec son « panga », sa machette, pour y déposer de jeunes pousses de haricot. Avec l'arrivée précoce des pluies, cette Kényane a dû planter plus tôt que prévu. « Je suis contente, je n'ai pas de problème, explique-t-elle. J'étais préparée, j'avais mes graines en réserve et maintenant, je plante ».

Tout le monde n'est pas aussi prévoyant. Dedan Degua frotte deux machettes pour enlever la terre. Il dit être âgé d'environ 60 ans et cultive le maïs depuis l'enfance. Lui s'est fait surprendre par l'arrivée précoce de la pluie.

« On n'était pas prêts, raconte-t-il. On n'avait pas planté. Je suis à la recherche de graines. J'en avais un peu que j'ai mis en terre, mais ce n'est pas suffisant. Si j'en trouve maintenant, je pourrai rattraper le retard. Dans le temps, le climat était stable et les récoltes bonnes. Mais aujourd'hui, on ne peut plus rien prédire. On pourrait changer nos habitudes. Mais mes parents cultivaient la même chose et je ne sais pas ce que je pourrais planter d'autre ».

Fin de la sécheresse

John Mwenda a une vingtaine d'années. Il récolte du maïs et du blé qu'il vend ensuite. Les pluies précoces sont vraiment bienvenues. « On sort d'une période de sécheresse, explique-t-il. On a des vaches et des chèvres qui sont mortes. Donc les pluies font du bien. Elles vont nous permettre de récolter plus tôt. Vers début août. On doit planter tout de suite car on ne sait pas combien de temps durera la saison humide ».

Fin février, le service météorologique kényan a déclaré que le climat était devenu imprévisible et qu'il valait mieux se fier aux agences officielles plutôt qu'aux traditions.

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