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RDC

Violences interethniques en RDC: la situation difficile des déplacés de Kalemie

Une déplacée du camp de Katanika, à Kalemie.
© RFI/Patient Ligodi

A Kalemie, chef-lieu de la province congolaise du Tanganyika, les déplacés qui ont fui les violences entre Pygmées et Bantous vivent dans des conditions très précaires. Ils sont plus de 15 000 à être installés dans deux centres d'accueil. En séjour en RDC, Mark Lowcock, le coordonnateur des affaires humanitaires de l'ONU, s'est rendu sur place et témoigne des conditions de vie horrible des déplacés.

Bondo Saliboko a fui les violences entre Pygmées et Bantous. Il a quitté Katibili, à environ 30 kilomètres de Kalemie, chef-lieu de la province congolaise de Tanganyika, au mois de février 2017. Ce soir-là, il était rentré chez lui comme d'habitude et ne se doutait de rien. « Ils sont arrivés avec les flèches pour nous tuer, nous les Bantous, raconte-t-il. Nous avons fui vers ici ».

Cela fait un an que lui, sa femme et ses cinq enfants sont arrivés à Katanika, ce site qui accueille environ 10 000 déplacés, où les conditions de vie sont très difficiles. L'aide des ONG et de la population locale ne suffit pas. Chaque jour, Bondo quitte Kalemie et va à la chasse ou couper du bois pour faire vivre sa famille.

En plus de cette crise alimentaire, Bondo Saliboko, sa famille et les milliers des déplacés qui sont à Katanika vivent dans une promiscuité qui fait craindre la survenue de maladies comme le choléra.

« Le pire de la souffrance humaine »

Pour Mark Lowcock, le coordonnateur des affaires humanitaires de l'ONU, qui était en visite d'une journée dans les deux centres d'accueil des déplacés à Kalemie, la situation humanitaire dans cette province est représentative de la crise en RDC qui, selon lui, est l'une des plus graves au monde. « Nous sommes témoins du pire de la souffrance humaine dans l'une des plus grandes et tragiques crises humanitaires du monde », a-t-il déclaré.

Au cours de la visite, les femmes déplacées ont remis à Sigrid Kaag, ministre des Pays-Bas en charge de la Coopération au développement, membre de la délégation de Mark Lowcock, une lettre dans laquelle elles racontent notamment des histoires des viols, d'insécurité et de harcèlement sexuel.

Le 13 mars, la communauté humanitaire représentée par Kim Bolduc, représentante spéciale adjointe du secrétaire général de l'ONU, auprès de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a par ailleurs signé avec le gouvernement provincial de Tanganyika un accord qui prévoit notamment une exonération totale sur les frais des péages au niveau des barrières installées dans cette province, pour faciliter le travail humanitaire.

La situation est plus grave encore pour les femmes violées qui sont dans ces centres. Sigrid Kaag, ministre des Pays-Bas en charge de la Coopération au développement, en visite à Kalemié mardi dernier, s'en est également rendu compte [...] L'ampleur de cette crise contraste avec le sous-financement des actions humanitaires.
Entre crainte d'une explosion du choléra et le sous-financement de l'aide humanitaire
15-03-2018 - Par Patient Ligodi

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