Manifestants tués en Guinée: l’opposition demande une enquête internationale

Des Guinéens manifestent contre la présidence le 13 mars à Conakry, la capitale.
© CELLOU BINANI / AFP

En Guinée, quatre manifestants tués par balle la semaine dernière lors de manifestations de l'opposition ont été inhumés ce lundi 19 mars. L'opposition demande la mise en place d'une commission internationale indépendante pour enquêter sur les 94 tués lors de manifestations politiques depuis l'accession au pouvoir d'Alpha Condé en 2010. Le gouvernement rejette, quant à lui, toute idée d’une telle commission.

Le décompte de l'opposition est de 94 morts lors des manifestations politiques, depuis l'arrivée au pouvoir d'Alpha Condé. Cellou Dalein Diallo, chef de l'opposition, ancien Premier ministre et leader de l'UFDG, demande la mise en place d'une commission internationale indépendante et dit vouloir se tourner vers l'Union africaine, la Cédéao et l'ONU car, affirme-t-il, la justice guinéenne ne fait pas son travail.

« Il est impossible à la justice de faire son travail en toute sérénité dans un tel climat de violence », rétorque Albert Damantang, porte-parole du gouvernement pour qui rien ne justifie la venue à Conakry d’une commission d’enquête internationale.

« Combien faudra-t-il de morts pour que nos hommes politiques mettent un terme à ce jeu macabre ? », demande Touré, un habitant de Kokoma qui met dos à dos pouvoir et opposition.

Cellou Dalein Diallo n'exclut pas de rencontrer Alpha Condé

Cellou Dalein Diallo réclame justice pour les 94 morts et justice aussi pour les élections locales du 4 février dernier. Dans ce cas, est-il prêt à rencontrer Alpha Condé ?

« Ce n’est pas exclu, répond le chef de l'opposition. Il n’y a pas de raisons, à condition qu’il veuille bien prendre des décisions pour qu’il y ait justice mais aussi pour que les suffrages qui nous ont été volés, de façon flagrante, par les commissions administratives du recensement de centralisation des votes, soient restitués. »

Le gouvernement dit « stop aux provocations »

De son côté, Albert Damantang assure que le président Condé est prêt, une nouvelle fois, à rencontrer Cellou Dalein Diallo. Il appelle par ailleurs à plus de sérénité et dit « stop aux provocations » d'où qu'elles viennent.

« Les provocations ne sont pas faites pour arranger les choses, qu’elles soient verbales ou physiques ou dans tout autre comportement. Dans les réseaux sociaux et dans les médias privés notamment, le ministre de la Communication est d’ailleurs intervenu dans ce sens pour attirer l’attention des uns et des autres sur leurs responsabilités dans les propos qu’ils tiennent et les publications qu’ils font », ajoute-t-il.

Et Touré l'habitant de Kokoma d'ajouter « qu'on règle nos problèmes entre Guinéens ».

Mais comment voulez-vous qu'on dise que la justice bouge? Nous jugeons les effets, les résultats. Le citoyen ne peut pas comprendre qu'il y a des dispositions engagées s'il ne voit aucune personne qui est punie.
Inhumation de 4 manifestants tués lors d'une manifestation de l'opposition
20-03-2018 - Par RFI

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