Côte d'Ivoire: associer lecture et coiffure pour lutter contre l’analphabétisme

Une jeune Ivoirienne se fait coiffer pendant qu'elle lit un livre dans une bibliothèque-salon de coiffure d'Abidjan le 16 novembre 2016.
© Sia KAMBOU / AFP

On connaissait les salons de coiffure et les salons littéraires, à Abidjan, depuis peu, on innove avec des salons de coiffure et de lecture. Pour favoriser la lecture des femmes et lutter contre l'analphabétisme, la Bibliothèque nationale et le ministère de la culture ont mis en place des bibliothèque mobiles qui pendant quelques mois proposent un stock renouvelés de livres à lire sur place le temps du tressage ou du brushing. Une opération qui remporte un vif succès et qui se décline aux petites classes.

« Si tu ne viens à la lecture les bibliothèques iront à toi ». C'est sur ce principe que depuis 2012 la Bibliothèque nationale d'Abidjan propose des livres dans des salons de coiffure où les femmes qui attendent des heures parfois d'être tressées, coiffées, maquillés, manucurés peuvent feuilleter un roman, une nouvelle ou des revues.

« Les femmes n’ont pas le temps parce que celles qui ont une vie professionnelle active se retrouvent aussi sous le poids des tâches ménagères donc ce n’est pas facile, explique Chantal Adjiman, la directrice de la Bibliothèque nationale. En revanche, on constate que les femmes trouvent du temps pour être dans les salons de coiffure parce que les femmes en Côte d’Ivoire sont très très coquettes. Au départ, lorsque nous installons les mini-bibliothèques, les premiers ouvrages portent sur la littérature rose qui est plus facile à lire et qui marche très bien ».

A ce jour, on compte en Côte d’Ivoire 23 bibliothèques-salons de coiffure qui permettent aux femmes de se cultiver et cela fonctionne même auprès des plus jeunes. A Angré-Château d'eau, quartier d’Abidjan, Sara Diomandé Coulibaly a créé « Kid concept » où là ce sont les enfants qui patientent en lisant des revues de leur âge.

« Le coin lecture, c’est l’endroit où les enfants passent du temps. Les enfants prennent le temps de découvrir et de poser des questions et les parents peuvent s’abonner aux magazines que l’on propose dans le salon et leur donner envie de continuer à lire à la maison, détaille la jeune femme. Ils se rendent compte que chez nous, vu que c’est fait en s’amusant, ce n’est pas une corvée ».

Toutes les deux à trois semaines le fond de livres prêtés par la Bibliothèque nationale au salon de coiffure est renouvelé. Une initiative louable dans l'un pays où le taux d'alphabétisation atteint à peine les 40 % pour les femmes.

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