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Mali ONG

Mali: soupçons d'exécutions sommaires par des Fama près de Mopti

Un soldat malien des Fama, photographié en 2015 à environ 80 kilomètres de Tombouctou (photo d'illustration).
© PHILIPPE DESMAZES / AFP

Six corps ont été découverts dimanche 25 mars dans une fosse commune près du village de Dogo, dans le cercle de Youwarou, dans la région de Mopti, dans le centre du Mali. Fait troublant, ces personnes avaient été arrêtées quelques jours auparavant dans le cadre d'une opération anti-jihadistes des Forces armées maliennes (Fama). Face à ces soupçons, Human Rights Watch appelle à une enquête.

Dimanche, des habitants de Dogo mettent au jour une fosse commune à 1 km à la sortie du village. A l'intérieur, six corps aux yeux bandés enterrés là très récemment. Cinq sont identifiés.  «  On les connaissait. Ils n'étaient pas des jihadistes, ce sont des vendeurs, des commerçants. Tous sont des peuls », affirme Omar Dicko, le maire de Dogo, qui vit à Sevaré et n'était pas là au moment de la mise au jour.  Le jeudi précédent, le 22 mars, ces hommes étaient arrêtés lors d'une opération militaire contre des jihadistes dans la zone. « Les gens ont peur. Le village n'est pas tranquille », ajoute le maire.

L'ONG de défense des droits de l'homme Human Rights Watch s'est saisie de l'affaire et appelle les autorités maliennes à ouvrir une enquête. Pour Corinne Dufka de Human Rights Watch, il y a des soupçons clairs d'exécutions sommaires.

« Le dernier soir où ils ont été vus, ils étaient aux mains des forces de l’ordre, la fois suivante ils étaient trouvés morts. Il y a donc quelque chose de pas normal. Je ne peux pas dire si ce sont des civils ou des membres de groupes jihadistes armés. Mais, conformément à la loi, chaque suspect arrêté par l’armée doit être rendu à la gendarmerie. On en appelle à l’armée malienne, mais aussi à la justice, pour ouvrir une enquête. »  

Selon Corinne Dufka, trois autres fosses communes avaient été découvertes l'an dernier dans la même zone par Human Rights Watch et d'autres ONG qui s'en étaient émues.

En cas de soupçons d'exécutions sommaires, il y a obligatoirement une enquête, indique de son côté le ministère de la Défense. Le ministère qui affirme ne pas avoir été officiellement saisi de l'affaire, mais dit toutefois travailler à éclaircir cette affaire.

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