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Tunisie Ennahda

Tunisie: le sort de l'Instance Vérité et Dignité suspendu au vote du Parlement

Des députés tunisiens lors d'une session parlementaire le 25 avril 2017.
© FETHI BELAID / AFP

En Tunisie, la justice transitionnelle se retrouve dans la tourmente. Le 26 mars, au terme d’un débat houleux, le Parlement a voté contre la prolongation du mandat de l’Instance Vérité et Dignité (IVD). Mise en place en 2014, cette organisation constitutionnelle est chargée de solder les comptes du passé autoritaire du pays, en établissant la vérité sur les violations commises entre 1955 et 2013. Mais le vote du Parlement menace l’avenir de la justice transitionnelle et même de la transition démocratique en Tunisie, jugent certains.

Avec notre correspondante à Tunis, Perrine Massy

En Tunisie, la confusion la plus totale règne aujourd’hui autour du sort de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), chargée d'enquêter sur le passé autoritaire du pays. Prévu pour durer quatre ans, son mandat doit expirer en mai prochain. Or, l’Instance, qui a déjà recueilli 63 000 plaintes, a décidé de prolonger ses travaux de sept mois comme la loi le lui permet.

C’était sans compter le vote du Parlement. Menés par Nidaa Tounes, le parti du président, 68 élus ont voté contre la prolongation du mandat de l’IVD. Ils accusent l’instance et surtout sa présidente Sihem Bensedrine, une ancienne opposante, de diviser les Tunisiens.

« Mauvais signal pour la transition démocratique »

Quant à l’opposition de gauche et au parti islamiste Ennahda, victimes de la répression sous l’ancien régime, ils ont choisi de boycotter le vote, estimant que le Parlement n’était pas compétent pour décider du sort de l’IVD.

Un véritable imbroglio juridique se profile car les avis des experts sur la question divergent. Que va devenir le processus de justice transitionnelle ? L’IVD organise justement ce 28 mars au matin une conférence de presse pour faire connaître sa position officielle.

« Quoi qu’il en soit, le vote du Parlement est un mauvais signal pour la transition démocratique », estime Antonio Manganella, le directeur pour la Tunisie de l’ONG Avocats sans frontières. « On se demande si les personnes qui sont au pouvoir ont vraiment la volonté de rompre avec les pratiques du passé », s’inquiète-t-il.

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