Violences à Mayotte: les Comoriens inquiets pour leurs proches

Le port de Mutsamudu, sur l'île d'Anjouan aux Comores, destination de nombreux sans-papiers comoriens qui craignent pour leur vie.
© IBRAHIM YOUSSOUF / AFP

A Moroni, l’inquiétude grandit au sein de la population quant au sort de ses proches à Mayotte. Le mouvement social qui paralyse l’île depuis un mois a stigmatisé les Comoriens d’Anjouan ou de Grande Comore comme la cause de l’insécurité grandissante à Mayotte tout en indexant l’inertie des autorités françaises. Les Mahorais prennent donc des dispositions et chassent violemment les sans-papiers, et pas que. Reportage à Moroni.

L’insécurité est ressentie par tous : les décasages et actes de violence gratuite se multiplient parfois même pour les personnes en règle.

Fatouma l’a déjà vécu. « Par rapport à ce que j’ai vécu à Mayotte, quand on sort les gens de leur domicile le soir, ou même dans la journée, c’est inadmissible, dit-elle. C’est une époque que nous croyions révolue, mais qui ne l’est pas dans l’archipel des Comores. Oui, je parle de nazisme. »

L’île de Mayotte est verrouillée par les barrages, et les pénuries notamment de carburant aggravent les choses. Les images qui circulent sur internet sont alarmantes et ne laissent pas les familles du reste de l’archipel indifférentes.

« Je peux dire que j’ai une partie de ma vie à Mayotte parce que j’y ai vécu 16 ans. J’ai ma femme qui y travaille, donc Mayotte, c’est un peu chez moi. Je crains que ça n'éclate. Les gens sont plus ou moins enfermés chez eux, ils ne peuvent pas sortir », témoigne un homme.

« On a plein de famille sur Mayotte, je pense comme tous les Comoriens des trois autres îles. Nous sentons en plus cette haine qui s’instaure de part et d’autre, ces échanges sont très inquiétants. En décembre, nous étions à un mariage d’une petite nièce là-bas on sentait déjà qu’il y avait unetension, mais pas à ce point. », explique une Comorienne.

Certains Comoriens sans-papiers français craignant pour leur vie se réfugient dans les gendarmeries ou au poste de police aux frontières, parfois munis de billets d’avion ou de bateau en direction de Mutsamudu et Moroni.

(Re) lire : Crise à Mayotte: le gouvernement comorien craint des expulsions massives

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