Republier
Libye

Libye: les milices ennemies de Misrata et Zenten se sont réconciliées

La ville de Misrata en Libye s'est réconciliée avec la ville de Zentan avec laquelle elle entretenait des relations conflictuelles.
© STRINGER / AFP

Depuis plusieurs mois, en Libye, le chaos général qui règne n'empêche pas des réconciliations. Elles se multiplient à tous les niveaux : politique, social, civil et militaire, dans différentes régions du pays. Parfois même à l'étranger. Alors que le pays est profondément divisé depuis le changement radical de 2011, le dialogue et la réconciliation apparaissent comme la seule issue. Si l'armée libyenne divisée entre l'est et l'ouest œuvre à sa réunification via ses réunions mensuelles au Caire, la réconciliation signée ce mercredi 28 mars entre la ville de Zenten et la ville de Misrata pourrait être un développement très important qui ouvrira la porte à d'autres.

C'est une réconciliation « historique » affirme le communiqué signé à la fin de la réunion entre les dignitaires civils et militaires de Zenten et de Misrata. « C'est un premier pas qui sera suivi d'autres » s'est empressé de dire Mustafa al-Barouni, maire de Zenten tout en promettant « qu'il n'y aura plus de recours aux armes pour résoudre nos différends ».

De son côté Mohamad Rajab, chef du conseil militaire de Misrata a déclaré que cet accord « facilitera la réconciliation avec d'autres régions et tribus de la Libye ».

Les alliances et les rapprochements s'accélèrent

Les deux cités dont sont issus plusieurs groupes armés extrêmement opposés, font de Misrata et de Zenten, les deux villes les plus fortes du pays. Elles étaient les premières à s'être soulevées contre l'ancien régime pour se livrer ensuite, en 2014 à des combats meurtriers et destructeurs à Tripoli.

En effet, depuis quelques mois, en parallèle aux efforts de l'ONU pour la pacification et la réconciliation en Libye, les scènes d'entente se succèdent dans différentes régions et entre les tribus. En Libye, les tribus continuent à avoir une grande influence sur la vie politique et sociale du pays.

Les alliances et les rapprochements se sont accélérés, favorisés par de multiples facteurs, dont les élections générales attendues cette année. Toutefois, selon certains observateurs, « ces accords - de forme - ne s'avèrent pas toujours sincères et cachent parfois un mariage d'intérêt ».

Les élections en ligne de mire

Aujourd'hui, à l'heure où les alliances se recomposent en vue du prochain processus électoral, certains voient en cet accord une manière de rester sur le devant de la scène politique et dans le pouvoir pour « les révolutionnaires de février 2011 ».

Les élections attendues pour cette année ont accéléré, sans doute la signature de cet accord pour que « les révolutionnaires de février », tel qu'ils sont qualifiés par les sympathisants de l'ancien régime, restent au-devant de la scène. Ils voient notamment s'imposer en premier plan, les sympathisants de Mouammar Kadhafi. Ces derniers se sont inscrits en nombre sur les listes électorales et ils participent avec des candidats à ces élections pour la première fois depuis 2011.


Dans la perspective d'une réconciliation en Libye à l'approche des élections prévues cette année, Saif al-Islam Kadhafi, fils cadet du colonel, se pose comme un homme de paix et d'unité pour la Libye. Il avait annoncé sa candidature pour les prochaines élections présidentielles le 19 mars dernier par la voix de son porte-parole. Ce dernier, Ayman Bouras, déclare aujourd'hui  à RFI que la réconciliation et le dialogue constituent la priorité pour Saif al-Islam.

« En Libye, il est connu que Saif al-Islam était un homme de paix. C'est lui qui s'est réconcilié avec tous les opposants au régime de son père et c'est dans l'intérêt de la Libye. Il se réunit avec les tribus depuis longtemps, avant et après février 2011 et encore aujourd'hui. La réconciliation entre les Libyens est actuellement le dossier sur lequel il travaille avec obstination. Pour lui, un dialogue libyano-libyen, loin des ingérences étrangères, est la seule solution pour le pays. Dans notre programme électoral nous essayons de sauver ce qu'il reste de la Libye. C'est un projet national et une vision propre à Saif al-Islam, qui possède une très grande popularité à l'intérieur de pays. Cette popularité va surprendre. Il est vraiment très populaire, ses sympathisants parmi les tribus sont très nombreux et vous pourriez faire un sondage vous-même pour vous en rendre compte. L'histoire de l'humanité est remplie d'exemples de personnes qui ont été emprisonnés puis ont été  libérés, après avoir été innocentés. Et ils sont devenus présidents. »

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.