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Soudan du Sud

Fêtes de Pâques au Soudan du Sud: les Eglises chrétiennes face à la crise

A Juba, au Soudan du Sud, des catholiques célèbrent le Vendredi Saint en reconstituant le chemin de Croix de Jésus Christ, le 30 avril 2018.
© charlotte Cosset / RFI

Au Soudan du Sud, les fêtes de Pâques sont célébrées, notamment dans la capitale, Juba. Le plus jeune Etat du monde (2011) traverse une crise politique qui n'a pas trouvé de solutions, depuis 2013. Elle oppose notamment le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar. En plus des victimes et des milliers de déplacés du conflit, le pays fait face à une crise alimentaire sévère. En janvier, près de la moitié de la population était confrontée à l'insécurité alimentaire aigue. Face à cette situation, l'Eglise sud-soudanaise essaie de jouer un rôle actif. Elle fait partie des acteurs des pourparlers de paix. Le pape François a aussi reçu, la semaine dernière, au Vatican, une délégation de leaders religieux sud-soudanais afin de discuter du conflit au Soudan du Sud.

Les Eglises chrétiennes face à la crise au Soudan du Sud: un reportage aussi à écouter
01-04-2018 - Par Charlotte Cosset

Des impacts de balles sont encore visibles sur le mur d'enceinte de la cathédrale de Juba. Ici, s'étaient réfugiés plusieurs milliers de personnes lors de la reprise du conflit. La population sud-soudanaise est majoritairement chrétienne et célèbre avec enthousiasme les fêtes de Pâques. Parmi les croyants, Anthony. Il espère que ses compatriotes profiteront de ce moment pour réfléchir au futur du pays.

« C'est le bon moment, pour nous, de prier encore et encore. La paix ne peut venir que de nous. Elle ne peut pas venir de l'extérieur. Si nous ne changeons pas notre cœur, si nous ne changeons pas notre façon de penser et notre façon de faire les choses, il ne peut y avoir la paix », nous confie-t-il.

En ces fêtes de Pâques, l'archevêque Paulino Lukudu Loro dénonce les difficultés auxquelles font face les sud-soudanais et appelle au retour à la paix. Malgré son engagement dans la résolution de la crise, il avoue à demi-mots se sentir impuissant.

« Nous prêchons mais nous ne savons pas exactement ce que deviennent ces prêches. Est-ce que quelqu'un les écoute ? Nos leaders vont à l'église mais nous ne savons pas s'ils comprennent le message et ce qu'il signifie », souligne l’archevêque.

Les cérémonies religieuses se succèdent dans la capitale ainsi que les discours emplis d'espoirs. Les prochaines discussions concernant l'accord de paix sont attendues à Addis Abeba, le 26 avril prochain.

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