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Mali ONU

Mali: attaque meurtrière contre un camp de la Minusma près de Kidal

(Photo d'illustration) Le général Michael Lollesgaard (béret bleu au centre), ancien chef des casques bleus au Mali, ici en visite à Aguelhok le 13 septembre 2016.
© RFI/Anthony Fouchard

Deux casques bleus ont été tués et au moins dix blessés jeudi 5 avril dans l'attaque du camp de la Minusma à Aguelhok au nord de Kidal, a annoncé la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) dans un communiqué.

Selon une source militaire africaine au sein de la Minusma à Aguelhok, les tirs sont venus d'une zone à l'est du camp où avait été détecté plus tôt dans la journée un « attroupement » suspect.

« A 18H45 (locales et GMT), les soldats de la paix ont essuyé des tirs de mortier, dont plusieurs ont atteint leur camp », a indiqué la Minusma, qui a « immédiatement organisé les évacuations médicales nécessaires et renforcé la sécurisation du camp », selon le communiqué, qui ne précise pas la nationalité des casques bleus touchés. Le camp de la Minusma est occupé entre autres par des soldats du Tchad et du Bangladesh. La sécurité du camp a rapidement été augmentée.

La Mission de l'ONU « rappelle que les attaques visant les forces de maintien de la paix des Nations unies peuvent constituer des crimes de guerre en vertu du droit international et que leurs auteurs doivent être appréhendés et poursuivis ». Elle réaffirme sa détermination « à appuyer les efforts pour rétablir une paix et une sécurité durables au Mali ».

Par ailleurs, quatre hommes à moto ont attaqué jeudi un poste de police dans la région de Mopti, dans le centre du Mali, sans faire de victimes, selon une source policière malienne.

Retour des attaques au mortier

Ce n'est pas la première attaque au mortier dans la région. Récemment, le 22 mars, cinq soldats français ont été blessés lors d'une attaque au mortier contre le camp de la Minusma de Kidal où résident également des membres de Barkhane. C'était le jour même de la visite du Premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga. Même scénario en juin dernier, dans le camp de la Minusma de Tombouctou.

En réalité, l'usage du mortier par les groupes jihadistes n'est pas nouveau. Dès 2014, les terroristes tuent avec cette arme. Plutôt léger, facilement dissimulable, le mortier permet d'attaquer depuis une longue distance ce qui en fait donc une arme de choix. Les attaques au mortier n'ont pas augmenté numériquement selon la Minusma, mais la force des Nations unies a noté une complexification des attaques qui sont de plus en plus sophistiquées avec un usage plus efficace notamment des armes lourdes comme le mortier.

Aujourd'hui, les forces armées maliennes et les soldats de Barkhane s'inquiètent donc de voir les jihadistes mieux maîtriser l'usage du mortier. Le week-end dernier, Barkhane a attaqué une position d'AQMI au nord de Tombouctou pour neutraliser Saïd Dagdag, un Marocain spécialiste des armes lourdes et formateur au tir de mortier.

Nous avons eu malheureusement deux casques bleus tués et dix autres blessés dont certains grièvement.
Myriam Dessables, porte-parole de la Minusma
06-04-2018 - Par Michel Arseneault