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Côte d'Ivoire

Côte d’Ivoire : des manifestants arrêtés, déchus de leurs droits civiques

Le tribunal de première instance d'Abidjan.
© Crédit: Wikimedia Commons

En Côte d'Ivoire, dix-huit militants de l'opposition ont été condamnés, vendredi 6 avril pour trouble à l'ordre public. Ils avaient été arrêtés le 22 mars alors qu'ils prévoyaient de manifester, suite à l'appel de la coalition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS). Ce regroupement de partis d'opposition est notamment composé de la frange dissidente du Front populaire ivoirien (FPI) menée par Aboudramane Sangaré, un fidèle de l'ex-président Laurent Gbagbo. Les opposants écopent de 12 jours de détention et, plus étonnant, ils sont déchus de leurs droits civiques pendant 5 ans.

Incarcérés depuis leur arrestation, le 22 mars dernier, les militants de la coalition EDS, condamnés à 12 jours de prison, sont donc repartis libres, avec une petite amende à régler de 50 000 francs CFA. Cependant, le tribunal de première instance d'Abidjan ajoute à cette condamnation de trouble à l'ordre public, une privation de droits civiques pour une durée de 5 ans.

L'un des avocats de la défense, Maître Rodrigue Dadjé, y voit un procès politique et une instrumentalisation de la justice.

« Le parquet n’a jamais apporté d’éléments de preuves montrant qu’ils auraient troublé l’ordre public. Donc pour cette seule raison déjà, on n’aurait pas dû les condamner. Maintenant qu’on les ait condamnés à 12 jours de prison, je ne peux pas comprendre que l’on puisse mettre, dans la même balance, 12 jours d’emprisonnement et cinq ans d’interdiction de droits civiques. En réalité, je pense qu’on avait juste envie de les mettre hors-jeu sur le plan politique, c’est tout. Nous ferons appel, lundi, de cette décision que nous trouvons injuste et injustifiée », a déclaré, à RFI, maître Rodrigue Dadjé.

Parmi les condamnés, se trouve notamment Jean-Gervais Tchéidé, porte-parole de la plateforme EDS et vice-président de la faction dissidente du FPI. Il avait été embarqué, le 22 mars dernier, sous les yeux des journalistes, quelques instants après son arrivée sur le point de départ prévu pour la marche. D'après son avocat, l'opposant est toujours en détention pour une affaire remontant à 2012.

Là aussi, le juriste dénonce une cabale politique contre les partisans de l'ancien président Laurent Gbagbo.

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