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RCA: opération de la Minusca contre un groupe d’autodéfense du PK5 à Bangui

Patrouille de la Minusca à Bangui, RCA.
© AFP/EDOUARD DROPSY

En République centrafricaine (RCA), la Minusca a lancé, dans la nuit de samedi à ce dimanche 8 avril, son opération annoncée depuis des semaines, visant à arrêter le général Force, chef du groupe d'autodéfense du PK5 à Bangui. Après de longues heures de combats, celui-ci a réussi à échapper aux forces onusiennes. A l'issue de ces combats, au moins trois personnes ont perdu la vie, et une dizaine de blessés seraient à déplorer dans les rangs des casques bleus.

C'est à 2h00 du matin que les premiers tirs se sont fait entendre au PK5. Le quartier n'a retrouvé le calme qu'à 6h00. Accompagnés par des forces de sécurité centrafricaines, les casques bleus égyptiens ont tenté de capturer l'autoproclamé général Force, chef des autodéfenses du PK5, sans succès. Celui-ci a réussi à s'échapper.

Cependant, la Minusca a mis la main sur des armes et de la drogue à son QG. Elle a également réussi à capturer « huit membres de deux groupes d'autodéfense distincts », a indiqué son porte-parole. De son côté, le général Force, de retour dans sa base, déplore que la Minusca « l'ai pillé », selon ses propres termes et accuse les casques bleus « de s'en prendre » aux populations.

Lors de cette opération, certains habitants du PK5 ont freiné l'avancée des soldats de la paix, notamment en leur jetant des grenades. Une dizaine de soldats égyptiens ont été légèrement blessés.

Pour la Minusca, cette opération est une réussite car « c'est au système qu'il faut s'en prendre » selon son porte-parole, mais Balla Keïta, commandant de la force onusienne, a bien souligné que la traque allait continuer et que cette opération n'est toujours pas finie. Dimanche soir encore, on pouvait entendre des grenades exploser dans le quartier, bouclé par les forces intérieures centrafricaines qui ne laissaient même pas les journalistes y entrer.


Des groupes d'autodéfense devenus une mafia locale

L'exaspération a commencé le 17 janvier dernier. Une altercation entre membres de groupes d'autodéfense déborde. Une grenade est lancée dans une boutique, créant un incendie qui se propage vers les échoppes alentours. Ce sont des centaines de millions de francs de marchandises qui partent en fumée. Après cet énième incident dans le poumon économique de Bangui, les commerçants demandent alors à la Minusca de chasser ces groupes d'autodéfense qui se sont transformés en mafia locale.

Depuis plusieurs mois donc, la force onusienne a tenté des dialogues et un désarmement de ces groupes armés. Sans succès. Mais les choses se sont accélérées la semaine dernière, lorsque des habitants du quartier ont pris à partie un convoi du contingent portugais.

Depuis, la Minusca et les groupes d'autodéfense, notamment celui du général Force, le plus influent du PK5, se défiaient par médias interposés. La Minusca expliquant vouloir en finir avec ce système de racket. Si l'opération de ce week-end a permis l'arrestation de huit membres de ces groupes d'autodéfense, les chefs, eux, sont toujours en liberté et soutenus par une partie de la population.

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