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Centrafrique: un camp de casques bleus de l’ONU attaqué à Bangui

Un contingent portugais de la Minusca qui a mené une attaque contre le groupe d'autodéfense du PK5, un quartier de Bangui à majorité musulmane, le 8 avril 2018.
© FLORENT VERGNES / AFP

Un camp de base de la Minusca a été attaqué dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 avril à Bangui. Pas de bilan pour le moment, mais une tension supplémentaire dans une ville qui a déjà connu des violences dans la journée de dimanche.

La situation a été très confuse dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 avril. Vers 23h15 (heure locale), des rafales de tirs se sont fait entendre depuis tout Bangui. Très vite, les rumeurs ont couru, de nombreux habitants et internautes affirmant qu’une tentative de coup d’Etat était en cours ce lundi 9 avril à la résidence de Faustin Archange Touadéra. En fait, il n’en était rien : c’est le camp de base des casques bleus égyptiens et jordaniens qui était attaqué, à quelques centaines de mètres de la résidence du chef de l’Etat.

Le camp Fidel a été attaqué par deux côtés. Du côté de l'hôtel Ledger, quatre assaillants ont été vus. Ils étaient selon nos informations en motocyclette. L’attaque a duré au moins 30 minutes. La riposte des militaires égyptiens a disons été fournie, à la hauteur de la peur que cette attaque a suscitée. Les tirs ont produit des échos sur toute la zone. C'est ce que confirme le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro : « Il y a eu un écho qui a amplifié les tirs de nos hommes, mais à aucun moment, la résidence du président de la République n’a été visée parce que c’est impossible ».

Qui sont les assaillants ? C'est la question. De très bonne source, ce sont des ex-Seleka. Et cette action aurait bel et bien été menée en représailles de l'opération Sukula, « Neutraliser » en sango, lancée par la Minusca au PK5 tôt ce dimanche. Elle visait à déloger les groupes d’autodéfense du quartier du PK5, le poumon économique de la ville. Lors de cette opération, trois personnes ont été tuées et plus d’une cinquantaine blessées, dont une dizaine de casques bleus. Le PK 5, c'est de là qu'était partie la rébellion Seleka d'Abdoulaye Hissein. Aujourd'hui, les ex-Seleka sont plutôt des bandits que des hommes dévoués au politique.

Vladimir Monteiro est catégorique : le PK 5 va être nettoyé, l'opération de la Minusca va se poursuivre. « Ce qui sûr c’est que l’opération au K5 a été lancée et va se poursuivre. L’objectif, c’est de neutraliser les gangs. Vous avez ces groupes qui se définissent comme des groupes d’autodéfense, mais pour nous, ce ne sont pas des groupes d’autodéfense, ce sont des criminels, des gens qui vivent de racket, qui rackettent les commerçants, les populations locales et les conducteurs de moto ».

Côté pouvoir centrafricain, c'est le Premier ministre qui doit monter au créneau et faire une déclaration.

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