RDC: le programme de rapatriement des réfugiés rwandais au ralenti

Des réfugiés rwandais montent dans un avion, en RDC, pour être rapatriés au Rwanda, le 24 avril 1997. C'était la première fois que les autorités rwandaises autorisaient le HCR à rapatrier des réfugiés de Kisangani vers Kigali. (ARCHIVES)
© ABDELHAK SENNA / AFP

Toujours en tournée dans les Grands Lacs, le haut-commissaire pour les réfugiés des Nations unies, Filippo Grandi, s’est entretenu avec le président rwandais, Paul Kagamé. Parmi les sujets abordés, l’épineuse question du retour des réfugiés rwandais de RDC. Des femmes et des hommes qui ont traversé la frontière en 1994 en plein génocide, devant l’avancée des troupes du FPR aujourd’hui au pouvoir au Rwanda. Et qui, après l’incursion de l’armée rwandaise au Congo, ont fui dans l’intérieur du pays. Ils seraient au moins 200 000 et pour ces réfugiés de longue date, un programme de rapatriement volontaire existe, mais il avance difficilement.

En 2017, le rythme des rapatriements volontaires des réfugiés rwandais s'était accéléré, 18 000 retours en un an. Mais ces trois derniers mois, le nombre de candidats au retour a drastiquement chuté : 750 seulement depuis le début de l'année. Le processus de retour est lent et fragile.

Parmi ces réfugiés, beaucoup n'ont plus aucune attache dans leur pays. Résultat, le HCR tout en plaidant pour ces rapatriements, considère qu'il serait tant d'envisager aussi des alternatives. « Quelles alternatives ? », répond Kinshasa, quand on ne sait pas précisément où ni combien sont ces réfugiés.

En 2014, la CNR, la Commission nationale pour les réfugiés en avait pourtant recensé 245 000. Mais ce n'était qu'une estimation sur la base de déclarations volontaires. L'année suivante, le HCR et la CNR ont tenté un enregistrement biométrique qu'ils ont dû interrompre après une attaque contre un de leur centre des FDLR. Ces rebelles hutus rwandais s'opposent aux rapatriements au Rwanda, au motif que la sécurité de ces réfugiés n'y serait toujours pas garantie.

Il y a un mois, le processus d'enregistrement biométrique a été relancé. Cette fois, et malgré beaucoup de méfiance, des discussions sont en cours entre la CNR et la branche la plus radicale des FDLR pour les convaincre d'y adhérer.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.