Sénégal: procès de jihadistes présumés soupçonnés de liens avec Boko Haram

Le palais de justice de Dakar, au Sénégal (photo d'illustration).
© RFI/Guillaume Thibault

Au tribunal de Dakar, le procès des 30 présumés jihahistes est entré, ce mardi 10 avril, dans le vif du sujet. Les interrogatoires des prévenus ont en effet débutés, menés par le juge et le procureur. Ces 30 Sénégalais, qui sont notamment inculpés d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et d'apologie du terrorisme, sont soupçonnés d'avoir cherché à créer un réseau jihadiste, et les premiers interrogatoires ont justement permis de comprendre que des connexions avaient été établies avec le groupe Boko Haram.

Premier appelé à la barre, Mohamed Ndiaye n'a pas été épargné. Le juge Kane l'a en effet poussé dans ses contradictions.

Ce jeune homme de 34 ans a été beaucoup moins bavard devant le tribunal que devant les enquêteurs. S'il a bien admis que sa volonté était d'aller en Syrie, c'était uniquement pour appendre le Coran. « Ce projet n'a pas pu se réaliser je suis donc parti au Nigeria », explique t-il. Précisément dans l'un des fiefs de Boko Haram où Mohamed Ndiaye avec d'autres Sénégalais a admis avoir appris le maniement des armes de guerre et des chars. Mais il a nié toute participation à des combats.

Pour son avocat maître Ndéné Ndiaye, c'est à l'accusation de prouver sa culpabilité. « Il y a des faits dans le dossier qui, quand vous le lisez, font froid dans le dos. C’est à l’accusation d’apporter la preuve qu’il est coupable… Je vais le défendre jusqu’au bout ! », assure l'avocat, interrogé par RFI.

Mohamed Ndiaye a reconnu avoir rencontré une fois Abubakar Shekau, l'émir de Boko Haram. Une rencontre confirmée par le second accusé interrogé, Ibrahima Diallo, qui a affirmé devant les enquêteurs avoir été formé à l'utilisation d'explosifs mais a refusé de le confirmer à la barre. Ces deux hommes, partis au Nigeria depuis Kaolack, faisaient visiblement parti d'un groupe de Sénégalais.

Pourquoi sont-ils rentrés au Sénégal ? Le juge et le procureur ont tenté de savoir si c'était pour monter une cellule jihadiste en territoire sénégalais. Les deux accusés n'ont pas souhaité répondre à cette question.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.